« Voûte » : l’expression des corps
Le nom du spectacle est une évocation des courbes du corps. Il a été imaginé par trois artistes fraîchement diplômés du Centre National des Arts du Cirque. Mêlant portés, acrobaties et figures, leur performance est une invitation à observer les corps qui se soutiennent, qui résistent, qui lâchent prise. Une exploration des orages intérieurs et des relations humaines.
Par Anne-Claire Poignard

Vous êtes combien sur scène ?
Nous sommes trois artistes de cirque et un musicien. Uma Pastor est voltigeuse, Antonin Cucinotta et Marine Robquin réalisent les portés. Lilian Boitel assure le son. « Voûte » est la première création de notre compagnie appelée « Le Cirque du Corbak ».
Vous avez pris le parti d’une esthétique épurée ?
L’histoire se joue dans le souffle des artistes, dans les vrombissements des basses de la musique électronique et dans l’échange avec le public. Les costumes sont sobres. Du noir, du blanc, des tissus souples qui permettent aux corps de vivre librement.
Comment vous êtes-vous préparés pour le spectacle ?
Il n’y a pas de protocole bien précis, il s’agit de répéter nos bases, faire confiance à nos acquis. Nous avons eu en amont l’espace et le temps de chercher comment améliorer nos gestes circassiens, trouver notre message commun et l’harmonie du groupe lors de semaines de résidence artistique.

Quelle histoire raconterez-vous au public ?
Ce qu’on raconte, c’est la complexité des liens. On s’intéresse à ces moments où on s’accroche, où on se déchire, où on se retrouve sans un mot. Sur scène, on ne cache pas la noirceur. On cherche le reflet de lumière à la manière de Soulages. Sans ombre, pas de relief. Sans rupture, pas de réconciliation. Et tout ça passe par nos corps : Voûte se base sur le geste acrobatique. Nos respirations, nos regards, nos silences. Le corps ne ment pas. Il nous rappelle qu’on est vivants, et qu’être en lien, c’est d’abord oser être vulnérables ensemble.
Est-ce difficile de se produire en extérieur ?

Cela demande de l’anticipation : regarder la météo, s’assurer que l’installation est sécurisée, accessible, repérer les lieux en amont. Il faut aussi être capable de s’adapter : un orage qui s’invite, les mouvements du public, jouer avec la même énergie devant un grand nombre de personnes ou evant une petite dizaine de spectateurs. C’est un exercice joyeux qui crée l’improvisation, les rencontres inattendues, un contact plus simple avec le public et la joie de faire vivre l’espace public !
Informations pratiques
« Voûte » – Parade Ground Tai Kwun
Du 8 au 10 mai et du 12 au 17 mai à 18h et 20h
Gratuit

