A la UneCulture

Karena Lam donne le ton d’un French May audacieux

Pour la 14e année consécutive, l’actrice Karena Lam a donné le coup d’envoi du French May. L’édition 2026 est placée sous le signe de la Re/Naissance. L’art comme possibilité de se réinventer. Un thème qui résonne dans la vie de cette artiste de 48 ans. Elle vit entre Taiwan et Hong Kong et espère attirer un public nombreux.

Propos recueillis par Anne-Claire Poignard

Karena Lam au Louvre, devant La Joconde

En quoi l’art a-t-il été pour vous une « re-naissance » ?

Karena Lam : Je n’ai pas fait d’études. Je suis arrivée dans le show business à l’âge de 16 ans. Je me suis longtemps senti très en retard parce que je ne suis jamais allée à l’université. Mon père était réparateur d’appareils électroniques, ma mère travaillait dans une boutique de duty free. Je n’ai pas grandi dans un environnement où l’art était présent. Au cours des 14 dernières années, j’ai rencontré des artistes de tous médiums, de toutes disciplines, des directeurs de musée, des conservateurs. Ils ont une compréhension profonde des arts. Echanger avec eux m’a enrichie à bien des égards.

Quels sont les grands rendez-vous de cette année ?

L’exposition « Meet Mona Lisa & portraying the Renaissance » est le rendez-vous phare. Il s’agit d’une immersion numérique imaginée par le Musée du Louvre et le Grand Palais Immersif pour découvrir l’histoire derrière le mystérieux sourire de la Joconde. L’exposition présente aussi quelques pièces exceptionnelles de cette période artistique très riche. Il y aura aussi de la musique avec le concert de DJ Snake, l’un des Français les plus influents de la scène électro. Il y aura du jazz avec la Coréenne Youn Sun Nah qui se produira aux côtés du pianiste Bojan Z, du cirque avec la troupe French Rendez-vous à Tai Kwun et plein d’autres surprises.

Comment choisissez-vous les artistes ?

Nous sommes un groupe de 5-6 personnes avec un conseil d’administration. Chaque année, le budget est très différent. Nous sommes une organisation à but non lucratif, donc nous comptons beaucoup sur les mécènes, les parrainages. C’est de plus en plus difficile chaque année. Pour cette édition, certains projets ont dû être abandonnés. Dans ce contexte, nous avons décidé de communiquer plus largement dans la « Greater Bay Area ». Nous avons invité plus de médias de Chine continentale. J’ai pris conscience qu’ils ne connaissaient pas le French May alors que le festival existe depuis 33 ans ! Nous devons ouvrir les portes et faire connaître ce rendez-vous parce que l’art ne doit pas être réservé à une seule zone géographique.

Visite de Karena Lam à Paris aux Ateliers d’art du GrandPalaisRmn

Certains événements sont gratuits pourquoi est-ce important ?

Oui c’est le cas par exemple de l’exposition « Meet Mona Lisa » au Hong Kong Heritage Museum. J’ai fait passer le message aux Hong Kongais dans la presse locale : « Mona Lisa est à votre porte et cela ne vous coûte rien ! ». Je me réjouis de ce type de performances gratuites. Cela rend l’art accessible.

Quels sont les défis à venir ?

Il y a parfois des spectacles qui ne marchent pas autant que ce qu’on espère. Quand je vois une salle à moitié pleine, cela me brise le cœur. Il nous faut attirer de nouveaux publics, la jeunesse. Peut-être devrions-nous oser davantage et sortir un peu plus des sentiers battus.

Quelle est votre prochaine actualité ?

Nous avons tourné une série à Hong Kong qui sort au mois de juin. Cela s’appelle « The Season ». Le directeur de la photographie et le réalisateur ont fait un travail remarquable à l’image. Vous verrez c’est magnifique !