La Beauté du Geste
La danse classique Khmère a échappé de justesse à la disparition. Les Khmers Rouges, dans leur rage d’effacer le passé, ont mutilé le Ballet Royal du Cambodge. 90% des artistes ont disparu, engloutis dans La folie destructrice du régime de Pol Pot. Xavier de Lauzanne montre la lente et fragile résurrection de cet art ancestral. La Beauté du Geste évoque l’identité du Cambodge qui renaît par le mouvement, et raconte la résilience des Cambodgiens qui ont fait de la préservation de cet art un acte de résistance.
Par Catherine Boulet-Gercourt
La Victoire du Beau
Xavier de Lauzanne montre la lente et fragile résurrection de cet art ancestral. La Beauté du Geste évoque l’identité du Cambodge qui renaît par le mouvement, et raconte la résilience des Cambodgiens qui ont fait de la préservation de cet art un acte de résistance.
Xavier de Lauzanne filme les mains qui s’ouvrent, les poignets qui se tournent, l’inclinaison des cous avec une délicatesse rare ; La Beauté du Geste est un film onirique qui fait l’éloge du beau et érige la fragilité d’un art qui se transmet de maître en élève en une force tranquille et éternelle.
Le film de Xavier de Lauzanne rappelle aussi l’émerveillement de Rodin lorsqu’il découvrit, au début du XXᵉ siècle, les danseuses cambodgiennes venues se produire à Paris. Une fascination qui lui fit dessiner dans une frénésie créatrice quelques 150 dessins en quelques jours. « Elle possèdent naturellement la notion de l’Harmonie et de la Vérité (…) Elles m’ont appris des mouvements que je n’avais jamais rencontrés nulle part, ni dans la statuaire ni dans la nature. Je sens bien qu’à les regarder ma vision s’est élargie. J’ai vu plus haut, et plus loin. Enfin, j’ai appris ».

Dans La Beauté du Geste, on voit les artistes du Ballet Royal danser devant des reproductions de ces dessins, dans une troublante discussion artistique. Mais, si le film montre la persistance de la tradition et la permanence de cet héritage, il raconte aussi l’incroyable capacité de se renouveler et de se réinventer d’un art millénaire. On y apprend comment le Ballet Royal a su s’adapter et se moderniser, en s’ouvrant aux danseurs masculins par exemple, il n’y a pas si longtemps. Xavier de Lauzanne filme magnifiquement la lenteur et la respiration de la danse Khmère, qui est l’expression du Divin par le geste. La figure de l’Apsara est sublimée, cet être mythologique qui devient le symbole de la
survivance aux Khmers Rouges.
Xavier de Lauzanne est un grand amoureux du Cambodge. Il a déjà signé « Les Pépites », film remarqué et acclamé qui raconte l’épopée de l’association Pour un Sourire d’Enfant (PSE) depuis sa création à Phnom Penh il y a 30 ans. Xavier de Lauzanne sera présent à Hong Kong, pour le Gala de l’association qu’il continue à soutenir très activement, et pour la projection de son film le 3 décembre au nouvel espace Blueprint de Quarry Bay, à l’issue de laquelle il répondra aux questions du public.

