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Pour un sourire d’avenir : 50 ans après la chute de Phnom Penh

Se souvenir, reconstruire, espérer

Un événement pluriel réunissant les projections de deux films, une exposition photo, des témoignages exclusifs et des discussions autour de cet anniversaire se tiendra à Hong Kong du 28 novembre au 10 décembre.

Par Catherine Boulet-Gercourt 

IL Y A 50 ANS, LES KHMERS ROUGES

Le 17 Avril 1975, les Khmers Rouges entraient dans Phnom Penh. La guerre civile qui ravageait le Cambodge depuis plusieurs années prenait fin, le Kampuchéa Démocratique, régime autoritaire et répressif était instauré, donnant lieu au cortège d’atrocités que l’on connait. En 4 ans d’une dictature implacable, près d’un quart de la population cambodgienne disparaissait. Exécutions, famine, maladies, torture : 4 petites années qui ont duré une éternité.

Les hommes de Pol Pot, pour la plupart des gamins affamés à qui on avait collé une arme dans les bras, ont fait régner la terreur. Le projet des Khmers Rouges passait par la destruction de l’ordre ancien comme préalable nécessaire à l’avènement d’une société égalitaire, libérée de toute influence étrangère et capitaliste. Nulle part ailleurs dans le monde un tel projet n’a été conduit avec une aussi funeste détermination. 

En 4 ans, les Khmers Rouges ont mis en pièces toutes les structures sociales et économiques du pays. L’Homme nouveau se devait d’être simple, travailleur, paysan, soumis au devoir collectif : Le peuple fut donc rééduqué, tout le monde envoyé aux travaux des champs ; on sépara les familles, ferma les écoles, confisqua les biens…L’ennemi principal, pourchassé, exécuté, était l’Intellectuel, quoi que cela veuille dire – porter des lunettes suffisant à être désigné comme ennemi du peuple. L’arbitraire, tout le temps, partout : Ne jamais savoir quand tomberait la sentence, ni pour quel motif, et n’être certain que du fait qu’elle serait terrible et définitive. Ceux qui ne sont pas morts ont vécu en sursis.

Mais les Khmers Rouges sont tombés, et le Cambodge s’est relevé. Les Cambodgiens ont montré une capacité de résilience extraordinaire. 50 après, le pays panse encore ses plaies, tout en ayant largement entrepris sa reconstruction, puisant dans les failles béantes laissées par les Khmers Rouges l’énergie de se relever et de retrouver une identité, fort de ces drames comme des élans d’espoir auxquels ils ont laissé place.

Pour un sourire d’avenir – 50 ans après la chute de Phnom Penh – Se souvenir, reconstruire, espérer – veut mettre en lumière ce cheminement de la société Cambodgienne. Un titre à tiroirs, pour une manifestation culturelle et artistique qui interroge cet héritage traumatique en explorant ces chemins de résilience à travers plusieurs expériences.

Deux films documentaires regardent et montrent cette société en mutation : Cambodge, après l’Adieu de Iv Charbonneau Ching et Jeremy Knittel, sélectionné au Festival du Film Français cette année, accompagne une famille, celle du réalisateur, de retour au Cambodge sur les traces de son passé. La Beauté du Geste, de Xavier de Lauzanne raconte la renaissance du Ballet Royal Cambodgien, qui a failli disparaître sous Pol Pot. Une exposition de photographies prises par Roland Neveu – Dans l’Oeil du Cyclone – fait revivre l’arrivée des Khmers Rouges à Phnom Penh. Roland Neveu a vécu ces journées décisives depuis l’enceinte de l’Ambassade de France, tout comme Frédéric Bénoliel, François Bizot et Bernard-Jean Berger. Tous les quatre se souviennent et font le récit de cette prise de pouvoir au micro d’Iv Charbonneau Ching. Des témoignages exclusifs, qui racontent le silence puis la chappe de plomb qui est tombée sur une capitale vidée de tous ses habitants en seulement quelques jours. Des regards français sur un événement cambodgien, une mémoire partagée, vivante, mouvante.

Pour un souvenir d’avenir se veut un événement mémoriel intimiste, offrant plusieurs regards sur l’histoire de ce petit pays si proche de nous, tous teintés d’espoir et d’optimisme. Les recettes seront intégralement reversées à l’association Pour un Sourire d’Enfant (PSE), créée au Cambodge il y a 30 ans, et dont la mission est de sortir les enfants de la misère. En leur donnant la possibilité d’une carrière, grâce à une éducation et des formations professionnelles, PSE forme les acteurs du développement du Cambodge de demain. « Confier l’organisation de l’événement à l’association Pour un sourire d’enfant prenait tout son sens. Cela évitait de faire un événement commémoratif tourné uniquement vers le passé, ce que je ne souhaitais pas, mais vraiment d’en faire quelque chose d’utile » explique Iv Charbonneau Ching, à l’origine du projet.

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TRAILER DE POUR UN SOURIRE D’AVENIR :