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Le murmure de la Joconde à Hong Kong

Sa voix guide le visiteur dans les salles du Hong Kong Heritage Museum. Monna Lisa n’a pas fait le voyage depuis Paris mais son histoire et ses mystères se sont transportés à Hong Kong. L’exposition immersive fruit d’une collaboration entre le Grand Palais Immersif, le Musée du Louvre, le Musée de la Renaissance et le Hong Kong Heritage Museum est une première. Et c’est gratuit.

Par Anne-Claire Poignard

Vincent Delieuvin, Musée du Louvre :

L’immense renommée de Monna Lisa est un phénomène extraordinaire et réjouissant mais le corollaire de ce succès c’est qu’il est difficile de la voir. Au musée du Louvre, 25 000 personnes tentent de l’apercevoir chaque jour. Pour des raisons de sécurité, il n’est pas possible de rester longtemps et le public ne peut pas s’approcher du tableau. C’est pourquoi l’exposition Meet Mona Lisa offre une occasion unique de comprendre comment et pourquoi La Joconde est devenue l’œuvre d’art la plus célèbre au monde.

Vincent Larnicole, Grand Palais immersif :

Construire une exposition sur Monna Lisa, c’est un peu comme escalader le mont Everest. C’est un sujet très complexe. Cela demande une grande ambition et beaucoup de préparation. Nous nous sommes appuyés sur des installations interactives, des vidéos, du son et de la voix.

Au fait écrit-on : Mona Lisa ou Monna Lisa ? Selon le Grand Palais immersif, l’anglais retient la version « Mona » mais en français, il faut ajouter un « n ». Monna est en fait l’abréviation du mot italien « Madonna » qui signifie « Madame » et qui comporte bien deux « n ». Mona avec un seul « n » peut être un gros mot en italien ! Monna Lisa veut dire « Madame Lisa » ou en version abrégée « Dame Lisa ».

Vincent Delieuvin :

Le visiteur est guidé par la voix de Monna Lisa dans une immersion numérique à travers les rues de Florence. C’est dans cette ville en 1500 que Léonard de Vinci commence son portrait. Le maître a alors 48 ans et il est déjà considéré comme le plus grand peintre de son temps. Il rencontre Lisa Gherardini, l’épouse de Francesco del Giocondo, un riche marchand, commanditaire du tableau. Il puise dans toutes ses connaissances scientifiques pour créer la Joconde, son chef-d’œuvre ultime capable de capturer le mouvement de la vie humaine dans toute sa complexité physique, physiologique et psychologique. Il travaille pendant près de 20 ans pour perfectionner Monna Lisa. Il garde toujours le tableau avec lui lors de ses voyages, jusqu’en France où il meurt en 1519. L’œuvre était encore inachevée. C’était pour lui une quête sans fin de la perfection.

La Joconde reste précieusement conservée à Paris. Dans cette exposition, les visiteurs pourront toutefois découvrir quatre manuscrits originaux de Leonardo Da Vinci ainsi que quelques trésors de la Renaissance issus de prestigieux musées français et italiens.

Matteo Gianeselli, Musée national de la Renaissance :

À la Renaissance, le portrait est partout. Les artistes s’éloignent de la stricte vue de profil héritée des monnaies et médailles anciennes. Ils osent enfin croiser le regard du spectateur. Le portrait comporte une forte dimension sociale. Il accompagne chaque étape de la vie depuis les grands rituels publics jusqu’aux moments plus intimes. La Renaissance s’épanouit à Florence au début du XVe siècle. A cette époque, la ville sous la domination des Médicis connaît une croissance économique remarquable. Une fascination renouvelée pour l’Antiquité a encouragé Florence à rivaliser avec les réalisations du monde antique. Les formes et les idéaux classiques ont profondément façonné la littérature, le droit et surtout les arts.

Vincent Delieuvin :

Aujourd’hui les scientifiques tentent de percer les mystères du tableau. Dans cette exposition, le visiteur peut se glisser dans la peau des chercheurs et observer les dessous de l’œuvre et comprendre le célèbre effet « sfumato ». Ce terme italien désigne le flou des contours et le mélange de l’ombre et de la lumière. C’est cet effet qui donne à la peinture son aspect réaliste. La Joconde est devenue le trésor des Rois de France. Le roi François Ier l’achète pour une somme d’argent considérable. Elle a été exposée dans les plus beaux châteaux : Fontainebleau sous François Ier, puis Versailles sous Louis XIV et enfin le Palais du Louvre. C’est au Louvre qu’un matin d’août 1911, un jeune homme s’empare de la Joconde. Le vol fait scandale et la presse du monde entier relaie le fait divers. L’image de Monna Lisa est reproduite dans tous les journaux. Elle refait surface deux ans plus tard en 1913 et retrouve sa place au Louvre. Au cours des guerres, elle a été évacuée et placée en lieu sûr dans le plus strict secret. En 1933, elle est envoyée comme ambassadrice aux États-Unis sous le président Kennedy. En 1974, elle effectue son dernier voyage au Japon puis en ex-URSS. Elle est depuis installée en permanence à Paris dans une vitrine climatisée qui assure sa parfaite conservation, essentielle pour cette œuvre très fragile, sensible aux fluctuations climatiques. Depuis plusieurs décennies, nous vivons au milieu d’un culte de Monna Lisa. Son image inspire la peinture, la sculpture, le dessin, le street art, la mode ou encore la musique. Elle apparaît fréquemment dans la publicité.


Matteo Gianeselli :

L’exposition explore la place de Léonard de Vinci dans la création contemporaine à travers un dialogue avec des œuvres sélectionnées par le French May ou des œuvres issues des collections du HK Heritage Museum. C’est la première fois que le Musée National de la Renaissance travaille dans une destination aussi éloignée de la France.


Informations pratiques

Meet Mona Lisa & portraying the Renaissance

https://hk.heritage.museum/en/exhibitions/monalisa2026.html

HK Heritage Museum – 1 Man Lam Road, Sha Tin

Jusqu’au 27 juillet 2026

Gratuit