Culture

Garance Marillier à Hong Kong : “Découvrir lesdécors de Wong Kar Wai était un rêve »

Dans le dernier film d’Alice Winocour, Garance Marillier incarne Christine, une couturière chargée de confectionner la robe qui ouvrira le défilé de la Fashion Week à Paris. A 27 ans, la Française donne la réplique à Angelina Jolie. Elle était à Hong Kong pour présenter « Coutures » à l’ouverture du Festival du film français.

Propos recueillis par Anne-Claire Poignard

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Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle ?

J’ai eu la chance de faire un stage dans les ateliers de la maison Chanel. Je me suis immergée dans l’atelier Haute Couture pour observer les « petites mains » comme on les appelle. Comment travaillent-elles ? Comment l’atelier fonctionne-t-il ? J’ai appris à coudre aux côtés de ces professionnelles. Cela m’a aidée à avoir des gestes au plus près de la réalité. Je suis toujours en lien avec les femmes de l’atelier et je suis reconnaissante de leur générosité. Elles m’ont donné accès à d’énormes classeurs rassemblant des tas d’informations sur les tissus, les différents fils, à quelle température les repasser ? Je ne connaissais pas cet univers. Je n’avais aucune idée de la façon dont cela fonctionnait, c’était vraiment une découverte.

Qu’êtes-vous allée chercher pour incarner Christine ?

Quand la réalisatrice m’a proposé le rôle l’année dernière, l’enjeu c’était de donner une certaine complexité à ce personnage qui joue un rôle secondaire. Christine c’est le côté obsessionnel du travail. J’ai essayé de créer une urgence dans le corps avec des signes de crispation et de fatigue. Elle a presque une relation d’amour avec cette robe qu’elle fabrique. Il faut énormément de précision et de minutie dans les gestes, c’était très intéressant à travailler.

Vous avez une scène avec Angelina Jolie, comment cela s’est-il passé ?

C’était mon premier jour de tournage donc c’était un maximum de stress. On a une courte scène ensemble. C’est très impressionnant de donner la réplique à une actrice dont les films ont marqué votre enfance. C’est un peu comme quelqu’un avec qui vous avez grandi. C’était un immense honneur. C’était aussi très inspirant de la voir sortir de sa zone de confort. Elle joue dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle. Elle est très simple, elle arrive, elle dit bonjour à tout le monde. Ces vies-là nous semblent hors de portée, mais au tournage elle est juste comme vous et moi.

Vous avez été révélée par « Grave » il y a 10 ans, comment avez-vous atterri dans ce métier ?

Je ne me suis jamais dit que j’allais devenir actrice. J’ai commencé à jouer à l’âge de 11 ans. C’était dans le film « Junior » de Julia Ducournau. J’ai enchaîné d’autres courts métrages. A 17 ans, il y a eu Grave (Meilleur Espoir féminin aux Césars 2018). Avec Julia à nouveau. Là c’est devenu mon métier. Originaire de Paris, j’ai fait l’Ecole du Jeu. Pendant deux ans, j’ai appris à travailler avec le corps. J’ai appris à incarner les rôles de manière très organique.

Comment choisissez-vous vos rôles ?

Tout part d’une rencontre avec une réalisatrice ou un réalisateur. C’est ce qui me donne envie. Ensuite si le scénario me plait, si le scénario m’intrigue, que j’ai l’impression que c’est une nouvelle palette… Je me dis : j’ai envie d’y aller. Je travaille beaucoup à l’instinct. Pour plein de projets, je ne sais pas trop pourquoi mais je sens qu’il faut que j’y aille.

Vous rêviez de venir à Hong Kong ?

Oui je suis une grande fan de Wong Kar Wai et Chungking Express est peut-être mon deuxième film préféré avec Vertigo. Je suis allée voir les lieux de tournage : les escalators à Central et Chungking Mansions à Sham Shui Po. Je voulais absolument découvrir ces décors.

Vous avez pu rencontrer le public, comment cela s’est-il passé ?

J’étais touchée de rencontrer les personnes qui sont venues aux projections. C’est dingue de se dire qu’à l’autre bout du monde, il y a des gens qui connaissent votre travail. C’est un honneur.

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Informations pratiques : Hong Kong French Film Festival jusqu’au 11 décembre 2025