Le jardin intérieur de Myonghi Kang
« Pendant plus de 60 ans, Myonghi Kang a peint dans le but de voir ». Ainsi débute l’exposition que consacre la Galerie Villepin à l’artiste sud-coréenne jusqu’au 15 novembre. Un voyage dans un jardin imaginaire à découvrir à Central.

Reportage signé Anne-Claire Poignard

Un bouquet de pivoines, des fleurs sauvages, la silhouette d’un vase, les lueurs de l’aube… Des teintes tantôt printanières, tantôt automnales. Dans ses peintures à l’huile et ses pastels, Myonghi Kang explore notre relation avec la nature.
Depuis 60 ans, l’artiste revient régulièrement sur les mêmes lieux pour tenter de saisir, dit-elle, ce qui continue de lui échapper : la mousse sur une roche mouillée, l’eau, la lumière. Pour elle, le paysage n’est qu’un prétexte. Elle convoque dans son art ce qui forge le regard : la mémoire, le recul, le désir, les doutes.
Myonghi Kang est née à Daegu (Corée du Sud) en 1947. Diplômée de l’Université nationale de Séoul, elle s’installe en France à partir de 1972, notamment en Provence, où le travail de la lumière chez Paul Cézanne la bouleverse. Première artiste coréenne à avoir exposé au Centre Pompidou à Paris en 1986, elle partage aujourd’hui sa vie entre la France et l’île de Jeju en Corée.

Au cœur de l’exposition, une toile intitulée « Le Jardin de la dame aveugle ». Ce tableau lui a été inspiré par une vieille femme qu’elle a longuement observé alors que celle-ci s’occupait de ses plantes sans pouvoir les voir. Myonghi Kang questionne ainsi le concept même de la perception visuelle.
Détail étonnant : certaines œuvres comportent plusieurs fois mention de son nom. La peintre signe ses toiles, y revient, les signe à nouveau. Pour elle, la signature ne veut pas dire que l’œuvre est achevée. Elle est en constante recherche. A près de 80 ans, Myonghi Kang cherche encore « ce qu’il reste à voir ».
