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Bertrand Renaud immortalise l’essence de Hong Kong

Il y a des villes que l’on traverse et d’autres que l’on apprend à regarder. Pour Bertrand Renaud, Hong Kong est devenue bien plus qu’un lieu de vie : c’est un terrain d’inspiration permanent. Photographe français installé ici depuis 2012, il capture les contrastes de la ville, ses néons, ses ruelles, ses silhouettes, ses montagnes et ses instants suspendus. À l’occasion de sa première exposition photo, nous revenons avec lui sur son parcours, son regard et surtout son amour pour Hong Kong.

Propos recueillis par Catya Martin

Qu’est-ce qui vous a immédiatement marqué visuellement dans cette ville ?

Tout de suite, quand je suis arrivé, c’est la verticalité de la ville, et vraiment cette sensation d’être entouré en permanence, dans ces rues, dans ces ruelles, par cette concentration permanente et ce bouillonnement autour de soi qu’on ne connaît pas en Europe.

Comment est-ce que vous pourriez décrire votre Hong Kong en quelques images ?

Pour moi, Hong Kong, c’est l’image vraiment de cette ville à la fois moderne, mais aussi traditionnelle, avec un côté presque très brut, avec cette juxtaposition entre des choses très neuves et des bâtiments complètement décrépits, et ces rues qui ont vraiment une sensation, un caractère très particulier. Moi, c’est ça, le Hong Kong que j’ai en tête.

C’est vraiment l’image de ces marchés de rue, avec des néons, avec des gens qui font du service. J’ai toujours cette image du boucher qui a une cigarette à la main, le tablier plein de sang, la hachette dans la rue, et qui peut être tout à fait à côté d’un immeuble flambant neuf. Et pour moi, c’est ça, ce caractère qui définit Hong Kong.

Votre première exposition, je le disais, aura donc lieu le 5 septembre à Wong Chuk Hang. Elle s’intitule « Hong Kong Bygone Days », un Hong Kong du passé. Qu’avez-vous voulu raconter à travers cette série ?

J’ai voulu raconter le Hong Kong qui, malheureusement, à mes yeux, est en train de progressivement disparaître.

C’est une ville qui évolue constamment, qui se renouvelle année après année. Et, par cette exposition, j’ai voulu décrire les symboles qui, pour moi, représentaient le Hong Kong de mon enfance, celui que j’avais en tête, celui des néons, celui des taxis rouges, celui de ces rues pleines de saveurs et de caractère, qui est un petit peu en train de disparaître. On le sait, les néons, année après année, se font de plus en plus rares.

Les petites rues de marché commencent aussi à disparaître. Donc c’est ça que je voulais essayer de capturer. La photographie permet de capturer un moment dans le temps.

Dans cette exposition, quel aspect, justement, de votre photographie domine le plus ?

Alors, très clairement, c’est le côté street. Je me suis concentré sur la street photography en couleur. Pas de noir et blanc pour cette exposition, volontairement.

Pas de paysages non plus. C’est un thème que j’adore, mais il n’allait pas forcément avec le sujet de cette exposition. Donc là, ça va être vraiment de la street photography au niveau de ces anciens quartiers, que ce soit dans les rues de Central ou de Kowloon.

On va vraiment travailler sur les rues, sur les lumières et sur les symboles.

Alors, vous avez reçu plusieurs distinctions, et notamment pour « The Dancing Scooter », cette image d’une petite fille sur sa trottinette qui semble un peu danser dans la lumière. Qu’est-ce qui fait, pour vous, une bonne photo de rue ?

Beaucoup de choses.

C’est la question difficile. Normalement, une bonne photo de rue, ça doit être un événement spontané. Quelque chose qu’on arrive à capturer à un instant.

On voit quelque chose qui attire l’œil et on veut le capturer. Il va disparaître instantanément. La bonne photo de rue doit raconter cette histoire.

Le scooter est une très belle histoire, cette petite fille qui était là à ce moment-là, et elle n’était plus là que quelques instants plus tard. Elle était partie ailleurs. Moi, ce que j’aime bien, c’est capturer cette émotion des personnes dans un contexte.

J’aime beaucoup avoir un sujet dans mes photographies, avec un contexte, le contexte de Hong Kong en général. Quelque chose que j’aime bien dire, c’est que la photographie de rue, c’est presque comme du théâtre. Normalement, le photographe de rue trouve d’abord une scène intéressante.

On attend des acteurs ensuite. Ce n’est pas rare de devoir attendre le moment opportun, ce moment où il y a une histoire à raconter. Parfois, on peut attendre.

Parfois, le moment n’arrive jamais. On peut avoir une scène intéressante, mais le moment n’arrive jamais. C’est ça, la photo de rue.

C’est trouver une scène intéressante et trouver des acteurs qui racontent une histoire.

Est-ce que Hong Kong est une ville facile à photographier ?

Je trouve que oui. Il n’y a pas de limite à l’inspiration ici.

Il y a des endroits très classiques qu’on retrouve sur Instagram ou sur les réseaux sociaux, qui ont été photographiés des milliers de fois. Mais honnêtement, en se baladant dans les rues, les rues ont tellement de caractère à Hong Kong, les quartiers sont tellement divers les uns des autres, que je trouve toujours quelque chose à photographier.

Il y a toujours quelque chose d’intéressant qui se passe ici.

Alors, justement, est-ce qu’il y a une photo de l’exposition qui résumerait un peu votre démarche ?

J’ai une photo de l’exposition, oui, qui résume cette démarche. C’est pour moi la photo qui résume le mieux Hong Kong.

C’est une photo de nuit que j’ai prise sous la pluie, sous une amber rain, d’un taxi rouge classique qui passe devant un restaurant illuminé de néons. Pour moi, ça, c’est Hong Kong. Des sessions photo sous la pluie, c’est difficile.

Ce sont des conditions très difficiles. Mais le résultat est quelque chose que j’adore. Pour moi, cette photo, c’est le résumé de Hong Kong : la pluie, le taxi, les néons.

Ça capture l’atmosphère de Hong Kong. Il faut absolument venir la voir.

Alors, justement, il faut venir la voir. Pour quelqu’un qui va visiter votre exposition, avec quelle émotion ou quelle idée aimeriez-vous qu’il reparte ?

La nostalgie. Je suis quelqu’un qui est très enclin à la nostalgie des temps passés ou des choses qui disparaissent. C’est ça que j’essaie vraiment de transmettre à travers cette exposition.

Et je voudrais que les gens sourient en voyant cette exposition et se remémorent ce passé ou ces temps qui sont en train de disparaître petit à petit.

Alors, je le disais, l’exposition a donc lieu le 5 septembre dans les locaux de l’entreprise The Wine Guild, à Hong Kong. Où est-ce qu’on peut suivre votre travail ensuite ?

Sur plusieurs plateformes.

Ce n’est pas encore officiel, mais je suis en discussion pour prolonger cette exposition du côté de TKO, au Mall Ocean Pop-Up, pour faire une exposition temporaire ici sur le même thème. Donc, ce serait une prolongation de l’exposition. Et sinon, évidemment, je suis assez présent sur les réseaux sociaux.

J’ai un compte Instagram sur lequel je poste de façon quotidienne, et un site : www.peaklightchronicles.com.

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Rappel : l’exposition a lieu le 5 septembre dans les locaux de l’entreprise The Wine Guild, à Wong Chuk Hang.

Informations :
www.peaklightchronicles.com
Instagram : @magic_mrb / Whatsapp : +852 9800-7031