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HK Phil. Le virtuose Eric Lu s’apprête à faire vibrer Hong Kong

« Poète du clavier », « artiste né » … En seulement quelques années, Éric Lu a conquis son public et la presse internationale avec lui. Le pianiste américain se produit aux côtés de l’Orchestre philharmonique de Hong Kong le 9 septembre. Vainqueur l’an dernier du prestigieux Concours international de piano Chopin à l’âge de 27 ans, il se prépare pour un concert spécial avant une autre représentation à Chengdu.

Propos recueillis par Anne-Claire Poignard

Eric Lu, Kahchun Wong and the Singapore Symphony Orchestra © Nathaniel Lim | Singapore Symphony Orchestra

Vous êtes né dans le Massachusetts en 1997, comment avez-vous découvert la musique ?

Essentiellement grâce à mon père. C’est un passionné de musique. Quand j’étais petit, il allait souvent à la bibliothèque emprunter des CDs. C’était avant l’ère du streaming et de YouTube. Il y avait plein de disques à la maison. Ma sœur aînée prenait des cours de piano. Mes parents m’ont raconté que je m’asseyais pour écouter. Selon eux, j’avais l’air intéressé. J’ai commencé à l’âge de 5 ans. Ma première professeure de piano a été très importante. Avec elle, j’ai vraiment commencé de zéro.

Comment travaillez-vous au quotidien ?

Il n’y a pas d’heures précises. Je suis souvent sur les routes en tournée. Je vis entre Boston et Berlin. Quand je suis chez moi, je m’exerce toute la journée en faisant des pauses. Le défi n’est pas seulement de jouer à haut niveau. Il y a la technique, la mémoire, la scène. Tout est un défi.

Vous allez interpréter le concerto no. 1 pour piano de Chopin ?

Oui c’est une œuvre qui fait passer beaucoup d’émotions. Peut-être la plus accessible pour un public non érudit. C’est plein de nostalgie, de pure beauté, de passion. Chopin a composé ce concerto à l’âge de 20 ans. Il exprimait déjà son génie. Je vais jouer une quarantaine de minutes.

En quoi ce concerto est une œuvre exigeante ?

Il l’est physiquement. J’ai appris ce morceau quand j’étais adolescent. Je l’ai beaucoup joué puis j’ai décidé de faire une pause pendant 5 ans. Je l’ai repris à Varsovie et Singapour récemment. J’ai l’impression de jouer plus en profondeur. Nous avons des répétitions prévues avant le concert. Je serai dirigé par le chef d’orchestre Lio Kuokman. Il est pianiste lui aussi. J’ai hâte de travailler avec lui.

Vous avez remporté le prestigieux Premier Prix du 19e concours Chopin l’an dernier. Quel impact ce prix a-t-il eu sur votre rapport au piano ?

Depuis le concours, mon approche a évolué : je joue avec plus de liberté. Je n’ai plus à penser à la compétition. Je me sens plus libre de m’exprimer. Chopin c’est l’un des compositeurs avec qui j’ai passé le plus de temps. J’ai exploré une grande variété d’œuvres. Au-delà de l’attachement initial, j’ai appris à mieux le connaître. C’était un être humain d’une grande complexité. Il m’accompagne en permanence. Ce prix a joué un rôle crucial dans ma vie de musicien. Il m’a permis de lancer ma carrière, de la faire progresser, de toucher un public plus large, de collaborer avec des orchestres prestigieux. Mais pour la musique elle-même, cela ne change rien. Il y a toujours un nouveau répertoire à apprendre.

Informations pratiques

Eric Lu – Chopin / HK Phil 9 septembre 2026

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