Tout ce qui a été.
Souvenirs ignifugés
Par Sven Larsonn (www.sauvesparlekong.com)

Volets fermés, ta voix tremblante est celle d’une mer d’été,
Pins parasols sixties, jeune Bardot transistor, bien-nommée, tu m’ordonnes une chaleur que je n’ai méritée.
Le peigne de tes doigts fait une misère folle à ta frange de foin rouge, volets ouverts, tout ce qui a été, les ponts de l’aube ressurgissent au creux d’oreille et mes souvenirs mordorent, Palais, à tout ce que tu as été et à qui je m’adonnais lors.
Chaque seconde anadyomène est une couleur en mauve et un pétard un feu, une gerbe rimbaldienne, fauve, et tout ce qui se reflète appartient à tes yeux. Et tout ce qui brésille, je le tisonne un peu.
Tout ce qui a été, ces balades belles à flanc de falaises qui mordirent notre été, les cornets fraise, des bals de casernes vus de loin, des canicules de covidés, des fins du monde en crânes hideux d’où les fièvres torpeurs ne nous empêchaient pas d’être heureux.
Nuits de Walpurgis, éclipses de Wurstenberg, notre petit monde s’effondre à qui mieux mieux et nous nous serons aimés pour deux. Les étoiles nos sommets les cristallins de nos juillets qui jaillirent en fusées. Mon amour est un amas de particules de Dieux, et la caresse de nos mains le clinamen, ce qui se fait de mieux.
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