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C’est la rentrée ! Et si on se mettait au judo ?

Sarah-Léonie Cysique, 27 ans et Romane Dicko 25 ans, font partie de l’élite tricolore dans leur discipline. Toutes deux médaillées de bronze aux Jeux de Paris, elles étaient à Hong Kong cet été pour partager leur passion et leur philosophie de vie. Rencontre avec deux championnes inspirantes.

Propos recueillis par Anne-Claire Poignard

Qu’est-ce que le judo vous a appris ?

Romane Dicko : Le judo m’a permis de grandir. J’aime dire que le judo m’a construite en tant que femme. Quand j’ai commencé j’avais 13 ans, c’est tardif dans cette discipline. J’ai appris à m’accrocher, à me relever, à partager. J’ai compris que rien n’était facile. La vie c’est comme ça. On gagne mais on perd aussi beaucoup. Il y a les blessures. Les moments les plus intenses de ma vie, dans les hauts comme dans les bas, je les ai vécus avec le judo. Ce sport ce sont des valeurs : le contrôle de soi, l’amitié, le respect, la politesse. Ces valeurs nous construisent en tant qu’athlètes mais aussi en tant que citoyens.

Comment vous est venue la vocation pour ce sport ?

Sarah-Léonie Cysique : J’avais 4 ans. Au départ, c’était surtout un jeu. C’est vrai que pour les enfants c’est génial : on est pieds nus sur un tapis, on court, on fait des galipettes, des sauts. En grandissant, j’ai découvert un art, des valeurs. J’étais une petite fille timide et introvertie. Je n’avais pas une grande vision de l’avenir. Je n’avais pas énormément d’ambition parce que je ne me voyais pas capable de tout ça. Le judo m’a permis de savoir où je voulais aller et ce que je voulais vraiment. A voir les choses en grand.

Derrière les performances individuelles, il y a l’énergie d’une équipe ?

Romane Dicko : Oui. On se nourrit des gens avec qui on s’entraîne. Sarah-Léonie est une de mes meilleures amies. Elle m’aide énormément. Quand je ne suis pas bonne, elle peut m’aider parce qu’elle sait ce que je dois dépasser. Elle sait à quel point c’est dur.  Sans Sarah-Léonie, je n’aurais pas autant avancé dans ma carrière. C’est un appui fort.

Comment vous gérez la pression ?

Romane Dicko : En compétition, je prends toujours ma machine à coudre. C’est une manière de m’échapper. On veut être champion olympique. On y travaille 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Le week-end on se repose parce que le repos est aussi important pour la performance. Toute notre vie tourne autour de notre sport. Parfois on a besoin de respirer. La couture, c’est un peu ma bulle.

Vous partagez votre passion dans les écoles. Pourquoi ?

Sarah-Léonie Cysique : Le judo a l’image d’un sport masculin. Ce n’est pas forcément le sport qu’on imagine pour des petites filles. Voir des femmes le pratiquer, cela peut permettre aux plus jeunes de s’identifier quelle que soit leur taille ou leur corpulence. Peut-être qu’on inspirera de futures championnes !