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Mixed colours: Rebirth

C’est le nom donné à l’exposition organisée au bénéfice de l’association « Enfants du Mékong » qui aura lieu du 29 avril au 3 mai au Pulse de Repulse Bay. Depuis maintenant plusieurs années, des artistes mettent en vente leurs œuvres au profit de l’association. Les talents et la générosité des artistes font de cet événement un moment fort. A chaque exposition ce sont plus de 2.200 visiteurs qui, conquis par la qualité des œuvres, se font plaisir et dans le même temps, grâce à leur générosité, permettent aux « Enfants du Mékong » d’aller à l’école. Grâce aux fonds récoltés avec cet événement, ces enfants pourront alors choisir leur destin et avoir une vie accomplie.

Par Catya Martin

 

«Tous ces généreux artistes sont très fidèles. D’année en année, un socle solide et motivé d’artistes répondent présents. Lorsque je leur demande d’offrir une œuvre, ils en proposent plusieurs. Particulièrement cette année leurs dons d’œuvres se sont accentués car ils ressentent une continuité dans l’organisation d’exposition des « Enfants du Mékong » », indique Christel Villepelet, co-curatrice de l’exposition.

Les bénéfices seront reversés à l’association afin de scolariser des enfants, de les former à des métiers, d’accéder à une vie meilleure et d’avoir le pouvoir de défendre leur terre, leur culture et leur mode de vie.

« Certains m’expriment qu’offrir des œuvres représente une profonde partie d’eux-mêmes. Ces gestes de partage de leur travail donnent du sens à leur vie. Les artistes souhaitent transmettre leur passion créative pour le bien d’enfants et pour leur offrir de multiples perspectives lorsqu’ils seront adultes », poursuit-elle.

« Ces expositions sont des aventures communes depuis de nombreuses années. Elles représentent un immense travail de la part des artistes qui proposent beaucoup de créativité et d’innovation. Les pierres d’angle sont une douzaine d’artistes présents chaque année. Ils créent une véritable émulation et sont rejoints par de nouveaux artistes qui apportent leur enthousiasme et leur motivation », tient à préciser Christel Villepelet.

L’ambition que s’est donnée l’équipe d’organisation : célébrer l’énergie de la vie et souligner les liens culturels, le tout avec un engagement fort, depuis de nombreuses années, auprès de l’association « Enfants du Mékong ». « Naufragés sur notre île, ou retenus ailleurs, empêchés de voyager, nous chérissons plus que jamais la beauté vivifiante qui nous entoure », peut-on lire dans la présentation faite de l’exposition. 

Marie-Florence Gros, co-curatrice également aux côtés de Christel Villepelet, nous explique que l’histoire de cette exposition, projet associé du French May, peut se lire à travers trois thématiques.

A STOOL, Hong Kong

 

« MIXED COULOURS » : Hybridation. 

Voir autrement, renouveler notre perception de la ville, celle qui est devenue la nôtre, qui nous appelle à la revisiter. Dans un monde qui s’enferme, ces artistes nous offrent d’ouvrir de nouvelles fenêtres dans ce qui nous entoure, que nous croyons connaître, que nous ne voyons plus. Par une appropriation poussée parfois jusqu’à la transformation physique de la ville-matériau, leur alchimie réveille notre regard sur la beauté familière.

 

Catherine Henriette

Pour cette partie, il est proposé au visiteur d’admirer les œuvres de Douce d’Ivry, Romain Jacquet Lagrèze ou encore Cyrille Bellier, Cyril Delettre, The French Girl mais aussi Claire Coutrel.

Hong-Kong – le mélange culturel où l’artiste Douce d’Ivry joue des images emblématiques de Hong-Kong, le taxi rouge, la façade multicolore… et du mélange des cultures où s’entremêlent Hong-Kong, la Chine et l’Occident.

Hong-Kong – lieu de métamorphose. Là, nous partons à la découverte des œuvres de Romain Jacquet Lagrèze d’abord qui reprend les néons des idéogrammes chinois et transforme ces objets publicitaires traditionnels de la ville pour en faire des œuvres au bord de l’abstraction, puis de Cyrille Bellier qui crée ses Cathédrales de Bambou à partir des échafaudages. Les immeubles deviennent objets ludiques dans la métamorphose.

LOTUS AND THE FISH

Hong-Kong / matériau dans l’œuvre. Plus loin dans l’hybridation, Hong-Kong devient matériau dans la constitution physique l’œuvre. Cyril Delettre intègre dans ses œuvres des dessins de l’artiste Grand So. Cyril hybride ses photos de rues avec les œuvres à l’encre de l’artiste de la rue.

Romain Jacquet-Lagrèze

Il mêle ainsi les matières avec d’abord le papier mat de la photo, la couleur, l’univers urbain contemporain et ensuite le papier recyclé, l’encre noir, les motifs traditionnels chinois de Grand So.

On y croise aussi The French Girl qui utilise le béton de la ville pour ses œuvres. Sur ces dalles de béton, elle transforme l’idéogramme traditionnel en un idéogramme réapproprié. 

Elle mêle ainsi le béton, matière même de la ville moderne, le tag mais aussi l’idéogramme chinois transfiguré.

Romain Jacquet-Lagrèze

Enfin, pour cette partie, Claire Coutrel emploie la toile emblématique de la ville, toile plastique des sacs et des travaux, pour les transfigurer à l’or et y peindre des portraits. Elle les expose dans la rue, à la libre disposition des passants, jouant ainsi de l’objet transfiguré mais exposé dans son univers d’origine.

 

 

« REBIRTH » : Origines. 

Avec Harold de Puymorin, Lise Guillon Sursol, Christine Blom, Marc Progin, Dickson Yewn et Takeshi Shikama.

« Se retrouver dans l’intemporelle beauté des choses, ces morceaux choisis, sublimés dans le regard de l’artiste, la vie montée en œuvre d’art comme un bijou, ce n’est qu’un fagot, qu’une boîte à lettre, qu’un bout de désert ou qu’un pont sur la rivière, et on y retrouve l’émerveillement originel, simple, animé », explique Marie-Florence.

Le détail sublimé d’Harold de Puymorin, la beauté de l’élément, de l’association simple des couleurs et des lignes pures. Le détail poétique du nénuphar céladon de Kim Yong-Ho. La promenade de Lise Guillon Sursol. 

La tendresse des sculptures de Christine Blom, dont les couples symbolisent si simplement la beauté même de l’association des différences. 

Christine Blom

La picturale pureté de la vie quotidienne et des paysages oniriques de Catherine Henriette. Le monde sauvage, rude, aux infinis paysages de Marc Progin. 

Marc Progin, HK, Nomads, Caravan & Migration

Le regard délicat de Dickson Yewn sur l’immuable – ou ces fragments que l’on voudrait croire tels – qu’il nous livre pour que nous jouions avec un jeu divinatoire, qu’ils nourrissent un avenir (le livre des photos de Dickson Yewn est un livre divinatoire ludique) ou encore, les photos aux tirages platinium de Takeshi Shikama où le noir devient lumière.

Ce n’est pas à la nostalgie qu’ils nous invitent, mais à revoir ce qui est, à y arrêter les yeux, à s’y plonger pour repartir régénérés.

 

Cyril Delettre

« REBIRTH » : Surgissement colorés. 

Pour découvrir ou redécouvrir le travail de Park Yoon-Kyung, Caroline Bouquet, Julie & Jesse, Li Hua, Benoît Felten et Hyunjong Lee

Surgissements de couleurs et de mouvement qui nous emportent dans une contemplation méditative ou énergétique. Une force de transformation de la matière. 

Les jeux dans l’espace des œuvres colorées de Park Yoon-Kyung établissent une géométrie émotionnelle qui bouscule les repères. Les totems de Caroline Bouquet se dressent, jalons marquant l’espace de leur présence lumineuse. La couleur perce la matière, éclate dans la blancheur des vases de Julie & Jesse. Les idéogrammes sur fond coloré de Li Hua. Les cyanotypes bleus de Benoît Felten : la couleur modifie la perception du corps, qui se brode de dentelles organiques. Le mouvement et l’énergie frémissante des œuvres de Hyunjong Lee.

« L’art établit des ponts, des liens entre toutes les civilisations. Grâce à l’éducation « les Enfants du Mékong » auront accès à ces échanges très propices au bonheur. Toute l’équipe « des Enfants du Mékong » et les artistes veulent pérenniser cet élan et se tiennent prêts pour les expositions futures… », conclut Christel Villepelet.

 

« MIXED COLOURS : Rebirth »

Du 29 avril au 3 mai

The Pulse – L3/East Wing

Repulse Bay