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« Les Zinzins » : Quand la raison quitte la maison et que le théâtre s’empare de l’absurde

Dans le cadre du Fringe Club Festival 2026, qui se déroule jusqu’au 8 février 2026 sous le thème « Breeding Bold. Breaking Boundaries », la metteuse en scène Agnès Seelinger présente « Les Zinzins », une pièce déjantée et audacieuse, où l’absurde et le comique s’entremêlent pour explorer les limites de la communication humaine. Une création qui promet de bousculer les codes, de faire rire, et de questionner notre capacité à écouter l’autre.


Par Catya Martin

« On sort du virtuel, on revient à l’humain. Et ça, c’est précieux. » – Agnès Seelinger

L’inspiration : des monologues qui défient l’écoute

« Les Zinzins » est né d’une idée simple, mais puissante : et si la raison quittait la maison ? Agnès Seelinger s’est inspirée des dialogues de Christophe Averlan, une série de monologues conçus à l’origine comme un exercice de style pour les acteurs. « Ces monologues obligent les comédiens à rester en vie sur scène, même quand ils n’ont pas la parole, explique-t-elle. C’est un défi d’écoute, un miroir de notre société où chacun veut avoir raison, au point de ne plus entendre l’autre. »
Le résultat ? Une pièce où chaque personnage, campé dans ses certitudes, s’exprime avec une énergie débridée, créant des situations aussi comiques que décalées. « On entend, mais on n’écoute pas, résume Agnès Seelinger. C’est ça, le cœur des Zinzins. » Un thème universel, qui résonne particulièrement dans un monde où les dialogues s’appauvrissent et où les échanges se réduisent souvent à des confrontations stériles.

Pour cette création, Agnès Seelinger a choisi de s’appuyer sur l’intimité du Fringe Club, un lieu emblématique de Hong Kong, connu pour son éclectisme et son ouverture aux expériences artistiques audacieuses. « C’est un endroit cosy, presque un café-théâtre, comme j’en ai beaucoup fréquenté en France au début de ma carrière, confie-t-elle. Cette promiscuité avec le public rend l’expérience plus intense, plus humaine. »
La pièce, jouée en français, rassemble une troupe d’acteurs passionnés — Delphine Canard-Moreau, Bertrand Leduby, Pierrick Pejoux, Eve Lecoq, JB Peloux, Charlotte Gryson, Gaelle Neau et Soline El Hassani — ainsi qu’une jeune révélation, Niki, 12 ans, qui jouera le rôle de maîtresse de cérémonie. « Ce ne sont pas des amateurs, précise Agnès Seelinger. Ce sont des passionnés qui s’investissent comme des professionnels, avec des répétitions intensives les week-ends.».

« Les Zinzins » se veut une expérience immersive, presque un « stand-up théâtral ». « Je veux que le public ressorte de la salle comme ivre, après 45 minutes de spectacle, lance la metteuse en scène. Il faut que ce soit dans l’émotion, le geste, le regard… Une addiction à l’énergie pure. » La musique, signée Stéphane Lam (avec qui Seelinger a déjà collaboré pour WAIT!), ajoute une dimension rythmique et émotionnelle à cette folie organisée. « Travailler avec lui, c’est une alchimie immédiate, s’enthousiasme-t-elle. Notre créativité se fond naturellement. »

Repousser les limites : l’audace comme moteur

Le festival du Fringe Club, qui célèbre l’audace et l’innovation, est le cadre idéal pour « Les Zinzins ». « Repousser les limites, c’est oser un spectacle court, intense, où chaque seconde compte, explique Seelinger. C’est aussi briser la frontière entre la scène et le public, pour recréer du lien. »
Un enjeu d’autant plus important dans le contexte actuel, marqué par la sortie de la pandémie. « On a besoin de retrouver la connexion humaine, insiste-t-elle. Le théâtre, c’est l’occasion de sortir du virtuel, de rencontrer les artistes, de partager une émotion en direct. »

« Les Zinzins » sera joué du 5 au 8 février 2026 au Fringe Club. Une occasion de redécouvrir la magie du théâtre, dans toute sa folie et son authenticité.

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Infos pratiques :

• Lieu : Fringe Club, Hong Kong

• Dates : 5-8 février 2026

• Durée : 45 minutes

• Langue : Français

• Informations/Réservations : https://www.hkfringeclub.com