{"id":8291,"date":"2023-04-11T05:31:37","date_gmt":"2023-04-11T04:31:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=8291"},"modified":"2023-05-05T11:20:44","modified_gmt":"2023-05-05T10:20:44","slug":"leternite-retrouvee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=8291","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 retrouv\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Exposition \u00e9v\u00e9nement, hors du temps. Jusqu\u2019au 16 avril, les portes de la galerie Villepin sont ouvertes \u00e0 qui veut se replonger dans une \u00e9ternit\u00e9 haute en couleurs \u00e0 travers les \u0153uvres de Zao Wou-Ki, George Mathieu, Myonghi<\/em><\/strong><em>&nbsp;<\/em><strong><em>ou encore Miquel Barcelo\u2026<\/em><\/strong><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par Matthieu Motte ( <a href=\"http:\/\/www.sauvesparlekong.com\">www.sauvesparlekong.com<\/a> \/ www.sauvespourlebac.com )<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><em><strong>\u00ab\u00a0Elle est retrouv\u00e9e.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><em><strong>Quoi\u00a0? \u2013 L\u2019Eternit\u00e9.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><em><strong>C\u2019est la mer<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019une simplicit\u00e9 \u00e9difiante, ces vers liminaires&nbsp;de Rimbaud en 1872 invitent \u00e0 poser le regard sur l\u2019\u00e9vidence : l\u2019immortalit\u00e9 s\u2019inscrit dans le flux et le reflux d\u2019un monde en apparence stable qui ne demande qu\u2019\u00e0 miroiter sous nos yeux \u00e9baubis. Un monde comme volont\u00e9 et repr\u00e9sentation dans lequel il nous revient de dessiller les yeux, de contredire l\u2019Eccl\u00e9siaste engonc\u00e9 et de retrouver quelque chose de neuf sous le soleil. Capter le temps, s\u2019en saisir; \u00f4 vanit\u00e9 des vanit\u00e9s et pourtant\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps est ce monde ignor\u00e9 que nous connaissons tous. Une place forte qui est une place vide, d\u00e9j\u00e0 \u00e9rig\u00e9e sur des tombereaux de sable : elle s\u2019estompe et le souvenir de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re que l\u2019on croyait blotti dans ses mains se m\u00e9tamorphose en \u00e2cre nostalgie. C\u2019est le paysage que nous pensions avoir envelopp\u00e9, une \u00ab&nbsp;veduta&nbsp;\u00bb, une chambre noire toutes acryliques rompues qui d\u00e9j\u00e0 nous manque, faute de ressurgir pr\u00e9sentement. Ici m\u00eame \u00e0 Hong Kong, symptomatique d\u2019une ville qui rena\u00eet de ses cendres, cette exposition hors du commun ressurgit hors du temps. On vous y invite !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><a href=\"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"727\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-2-727x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8285\" srcset=\"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-2-727x1024.jpg 727w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-2-213x300.jpg 213w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-2-768x1082.jpg 768w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-2.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 727px) 100vw, 727px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Temps vol\u00e9, temps repris<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2019, 2020, 2021: des ann\u00e9es ellipses aujourd\u2019hui \u00e9clipses. Que garderont nos m\u00e9moires de ces interminables laps ou nous f\u00fbmes dans les fers, de ces trous noirs ou le monde \u00e0 l\u2019arr\u00eat continuait pourtant de tourner sinon qu\u2019il y a eu un avant, et qu\u2019il nous faudra nous r\u00e9approprier l\u2019apr\u00e8s. C\u2019est aujourd\u2019hui Hong Kong bas les masques qui se redresse apr\u00e8s trois ann\u00e9es de brume, de fusants, de braises et d\u2019atermoiements. La ville est v\u00e9loce et n\u2019en finit jamais de s\u2019\u00e9riger saxifrage, d\u2019ardeur et d\u2019acier, sur ce rocher du delta des perles, tarabust\u00e9e par les \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette ville est un mythe o\u00f9 se juxtaposent les temps et les cultures, et cette galerie Villepin, sise in Central, centrifuge, vous enjoint \u00e0 \u00e9largir le spectre des possibles et des perspectives \u00e0 l\u2019avenant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette exposition \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9ternit\u00e9&nbsp;\u00bb est un moment suspendu o\u00f9 l\u2019on retrouve ses forces, pr\u00eat \u00e0 se projeter dans l\u2019avenir sans se d\u00e9dire du pass\u00e9. Ouverte au tout venant, elle est une promesse d\u2019\u00e9ternit\u00e9 \u00e0 qui en foule les \u00e9tages, \u00e9merveillement chevill\u00e9 aux mirettes. Moment partag\u00e9, moment v\u00e9cu qui permet de s\u2019ancrer, de s\u2019inscrire ensemble dans une dur\u00e9e inextinguible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ici et maintenant, franchissez le seuil ; quidam curieux ou esth\u00e8te avis\u00e9, local du cru ou gweilo en goguette, cette exposition s\u2019ouvre \u00e0 vous dans le m\u00eame temps que vous vous ouvrez \u00e0 elle. L\u2019on s\u2019y retrouve, l\u2019on se retrouve. Assailli de toutes parts par un temps nouveau que l\u2019on se doit de reconqu\u00e9rir \u00e0 l\u2019aune de notre envie de d\u00e9vorer la vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hong Kong la vibrante, la r\u00e9siliente s\u2019y refonde \u00e0 travers chaque toile expos\u00e9e en un temps, en un lieu. Le lieu des m\u00e9tamorphoses par sa g\u00e9ographie et son histoire. Hong Kong \u00e9tait un songe, une chim\u00e8re de silicium qui est advenue, qui s\u2019est forg\u00e9e et s\u2019est toujours reconstruite, typhon apr\u00e8s typhon, SRAS apr\u00e8s Covid, l\u00e0 o\u00f9 Ninive et Babylone ne sont plus que des toponymes dans des encyclop\u00e9dies soumises \u00e0 l\u2019\u00e9rosion.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quarantaines \u00e9cart\u00e9es, confinements confin\u00e9s, masques effac\u00e9s et sourires retrouv\u00e9s. L\u2019esquisse de nos rictus trace les lin\u00e9aments d\u2019un temps retrouv\u00e9, partag\u00e9. Loin le temps maraud\u00e9 de ces derniers mois, il vous incombe \u00e0 pr\u00e9sent de ressaisir ces Kairos encadr\u00e9s d\u2019augures (par la droite si possible) par la r\u00e9tine qui scrute, s\u2019\u00e9tonne et consacre&nbsp;<em>ad vitam<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>S\u2019affranchir de la temporalit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9ternit\u00e9 le bien grand mot\u2026 Saint Augustin s\u2019interrogeait dans ses Confessions :&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que donc le temps&nbsp;? Si personne ne me le demande, je le sais. Si quelqu\u2019un pose la question et que je veuille l\u2019expliquer, je ne sais plus. [\u2026] Quant au pr\u00e9sent, s\u2019il restait toujours pr\u00e9sent sans se transformer en pass\u00e9, il cesserait d\u2019\u00eatre \u201ctemps\u201d pour \u00eatre \u201c\u00e9ternit\u00e9\u201d.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Absorb\u00e9s dans la phrase que vous venez de lire; vous \u00eates pourtant bien pr\u00e9sents devant la page, et les mots, eux, s\u2019\u00e9vaporent. Vous subsistez &#8211; de chair, de corps, d\u2019\u00e2me, de substance, et d\u2019\u00e9tendue &#8211; quand ces segments de phrase s\u2019\u00e9vanouissent dans le blanc vortex des interlignes qui se perdront et sont d\u00e9j\u00e0 perdues. L\u2019art, lui, reste. Depuis toujours, et \u00e0 jamais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Souvenez-vous de St Augustin : si le pr\u00e9sent ne se transforme pas en pass\u00e9, il devient \u00e9ternit\u00e9. Par quel tour de force, par quelle m\u00e9taphysique ondulatoire un tel miracle peut advenir? Via l\u2019art, toujours, qui lui, subsiste, se cr\u00e9e et se recr\u00e9e sous votre \u0153il qui devient le pinceau. Votre \u0153il, dans sa vertu r\u00e9g\u00e9n\u00e8re l\u2019\u0153uvre en pr\u00e9sence. La vertu d\u2019un \u0153il, d\u00e9par\u00e9e de toute morale, est de&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;bien voir&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;pour les Anciens. Sa compl\u00e9tude r\u00e9side dans son acuit\u00e9. Le postulat de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 devient alors moins p\u00e9remptoire, elle s\u2019av\u00e8re \u00eatre accessible, et pour le dire simplement : vous avez l\u2019\u00e9ternit\u00e9 sous les yeux car c\u2019est le moment choisi o\u00f9 il ne d\u00e9pend que de vous de le rendre immortel, encore et encore, malgr\u00e9 les soubresauts de l\u2019hydrom\u00e9trie, du cadrage ou de la luminosit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nymph\u00e9as immortels, vue de Delft atemporelle, canaux de la S\u00e9r\u00e9nissime par Canaletto \u00e9ternels si tant est que votre \u0153il les r\u00e9g\u00e9n\u00e8re. L\u00e0 la cl\u00e9. Figer la sensation dans la mati\u00e8re et la rendre accessible \u00e0 tout un chacun, n\u2019ayons point peur des mots sur le sujet qui nous concerne ici : graver une sensation, retranscrire peu ou prou une psych\u00e9 pour qu\u2019elle devienne \u00e0 la fois universelle (comprise de tous) et atemporelle (ce qui valait pour N\u00e9andertal vaut pour un mill\u00e9nial abreuv\u00e9 d\u2019Instagram au kilo) est en jeu, oserons-nous l\u2019\u00e9crire : est \u00e0 l\u2019\u0153uvre!<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><a href=\"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"682\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-1-682x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8286\" srcset=\"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-1-682x1024.jpg 682w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-1-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-1-768x1153.jpg 768w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-1-1023x1536.jpg 1023w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/thumbnail-1.jpg 1066w\" sizes=\"auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le sceau de la conscience, du Neandertal au transcendental<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Imaginons ! Et si la main n\u00e9gative appos\u00e9e sur la paroi de Lascaux \u00e9tait celle d\u2019Orph\u00e9e aux abois, revenant de son infructueuse catabase ? Certes, la Dordogne n\u2019abrite pas les gorges du T\u00e9nare et la V\u00e9z\u00e8re n\u2019est pas le Styx mais imaginons : Orph\u00e9e, tr\u00e9buchant, haletant, cherchant son chemin apr\u00e8s qu\u2019Eurydice e\u00fbt \u00e9t\u00e9 perdue \u00e0 jamais. Sa parousie ne vibrera que dans les cordes de la lyre de son aim\u00e9, c\u2019est ainsi. La main de ce dernier, sa marque, sa pr\u00e9sence, son passage et sa douleur sont toujours l\u00e0. Devant nous. Humides, suintantes et pari\u00e9tales\u2026 Resteront impr\u00e9gn\u00e9es ses lacrymales phalanges dans le roc au silence d\u00e9raisonnable ; r\u00e9sonneront toujours ses touchantes m\u00e9lop\u00e9es dans l\u2019air vici\u00e9 des absurdes cavernes. C\u2019est la main all\u00e9e dans le rocher\u2026 Vanit\u00e9 des cavit\u00e9s\u2026 Pourtant Eurydice acc\u00e8de \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 chaque fois qu\u2019elle est chant\u00e9e, tous comme les h\u00e9ros grecs se meuvent aux champs \u00c9lys\u00e9es loin du L\u00e9th\u00e9, l\u2019oubli, d\u00e8s que l\u2019a\u00e8de chante leurs exploits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La po\u00e9sie, le chant et l\u2019art en g\u00e9n\u00e9ral marquent du sceau de la conscience le passage des hommes qui se sont redress\u00e9s. Souvenez-vous c\u2019\u00e9tait hier. Ils se regroup\u00e8rent, enfouirent leurs morts et furent enclins \u00e0 chanter les dieux qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient invent\u00e9s pour transcender leur condition, outrepasser l\u2019insupportable finitude. Grandeur et mis\u00e8res du Sapiens\u2026 L\u2019art rupestre, c\u2019est la premi\u00e8re seconde grav\u00e9e qui se dilate et se dilue. Le geste n\u2019\u00e9tait pas s\u00fbr mais c\u2019\u00e9tait l\u2019originelle promesse d\u2019\u00e9ternit\u00e9, retrouv\u00e9e. Les mains de notre Orph\u00e9e \u00e0 Lascaux, ce sont nos m\u00e9moires saxifrages qui perdurent ici et maintenant et qui rappellent le travail de l\u2019artiste catalan Miquel Barcelo \u00e0 Chauvet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quelles \u00e9ternit\u00e9s vous attendent ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Venons-en \u00e0 l\u2019exposition dont vous vous appr\u00eatez \u00e0 franchir le seuil ;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">celle de Myonghi qui peint le temps long, remettant sur l\u2019\u00e9tabli et des ann\u00e9es durant les touches et retouches d\u2019une \u0153uvre qui sera toujours \u00ab&nbsp;en devenir&nbsp;\u00bb, qui \u00e9clora dans l\u2019\u0153il de celui qui la regarde. Ses peintures cosmiques sont vibrantes, sans limites, sans point de focale o\u00f9 laisser reposer l\u2019\u0153il. C\u2019est un enveloppement de l\u2019\u00eatre, une sensibilit\u00e9 pure qui vous happe. Pour certaines toiles de la ma\u00eetre cor\u00e9enne comme Pacific, dix-sept ann\u00e9es ne furent pas de trop pour juxtaposer les passages du temps dans la texture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Retournons la clepsydre pour y admirer une autre vision du temps qui s\u2019\u00e9gr\u00e8ne avec le ma\u00eetre Zao Wou-ki chez lui, en toute intimit\u00e9 pr\u00e8s de l\u2019\u00e2tre o\u00f9 la braise br\u00e9sille. Ici le temps est suspendu, cristallis\u00e9 dans la captation du moment unique qui ne se reproduira pas, dans le souffle saisi qui vous laissera \u00e0 quia. Zao Wou-Ki, le ma\u00eetre qu\u2019on ne pr\u00e9sente plus, est l\u2019orf\u00e8vre d\u00e9licat du geste, l\u2019alchimiste \u00e0 la crois\u00e9e des influences chinoises et occidentales dont la vocation \u00e9tait de peindre l\u2019invisible.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas \u00e0 pas, giron apr\u00e8s giron, vous \u00eates port\u00e9s dans l\u2019escalier par un \u00e9lan jusqu\u2019\u00e0 rentrer dans l\u2019ar\u00e8ne du second \u00e9tage, jusqu\u2019\u00e0 s\u2019\u00e9tourdir du bouillonnement du monde et du tourbillon de l\u2019histoire. \u00ab&nbsp;Matador&nbsp;\u00bb de Marie de Villepin surgit entre les ombres et les lumi\u00e8res ; vous devinez les ruades d\u2019un taureau bondissant qui lutte pour la vie dans une ar\u00e8ne compos\u00e9e de fragments et d\u2019\u00e9clats, dans les rumeurs et les bruissements d\u2019une dramaturgie complexe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez Ida Yukimasa avec \u00ab&nbsp;Mai 2023&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00e9ternit\u00e9 r\u00e9side dans la libert\u00e9, la fra\u00eecheur du geste quasi instinctive, abrupte, imm\u00e9diate. Capter le moment flottant est un motto cher \u00e0 l\u2019artiste japonais, le \u00ab&nbsp;ichi-go ichi-e&nbsp;\u00bb traduit litt\u00e9ralement par \u00ab&nbsp;une seule fois dans toute l\u2019existence&nbsp;\u00bb et qui consacre l\u2019ancestrale c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 est \u00e0 l\u2019\u0153uvre sous le pinceau et la brosse.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00ab\u00a0\u00c2me sentinelle\u00a0\u00bb de Miquel Barcelo vous ouvre une voie, en rappel: et si la porte de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 se situait dans l\u2019enfouissement et la qu\u00eate des origines, dans les entrailles de l\u2019\u00eatre en symbiose avec son environnement, subaquatique en l\u2019occurrence? Il d\u00e9laisse les grands bisons noirs, les chevaux sauvages, les rennes et rhinoc\u00e9ros pal\u00e9olithiques et nous invite \u00e0 contempler un autre chef d\u2019\u0153uvre de son bestiaire :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Pieuvre\u00a0\u00bb<\/em>. Gigantesque, hi\u00e9ratique, prolif\u00e9rant par ses tentacules indomptables, elle semble se mouvoir depuis la nuit des temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0<strong>L\u2019\u00e9ternit\u00e9<\/strong>\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jusqu\u2019au 16 April<br>Galerie Villepin : 53-55 Hollywood Road, Central, Hong-Kong<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Dimanche &#8211; Mercredi | 11h00 \u00e0 18h00 (sur rendez-vous uniquement)&nbsp;<\/em><em><br>Jeudi &#8211; Samedi | 11h00 \u00e0 19h00 (ouvert au public)<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/www.villepinart.com\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>all\u00e9e avec le soleil.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Exposition \u00e9v\u00e9nement, hors du temps. Jusqu\u2019au 16 avril, les portes de la galerie Villepin sont ouvertes \u00e0 qui veut se<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":8284,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[18,1],"tags":[],"class_list":["post-8291","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8291","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8291"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8291\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8292,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8291\/revisions\/8292"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8284"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8291"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}