{"id":4963,"date":"2019-10-28T15:47:12","date_gmt":"2019-10-28T14:47:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=4963"},"modified":"2019-10-28T15:47:12","modified_gmt":"2019-10-28T14:47:12","slug":"les-yeux-fixes-sur-la-ligne-verte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=4963","title":{"rendered":"Les yeux fix\u00e9s sur la ligne verte"},"content":{"rendered":"<p>Pour certains, une \u00e9vidence, pour d\u2019autres, un argument. Le bio essaime dans tout le vignoble. Encore minoritaire, ce mode de culture parviendra-t-il un jour \u00e0 verdir toutes les surfaces\u00a0?<\/p>\n<p>Par Veronique Raisin (Bettane+Desseauve)*<\/p>\n<figure id=\"attachment_4964\" aria-describedby=\"caption-attachment-4964\" style=\"width: 800px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-4964\" src=\"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/TU110P71-1024x682.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"533\" srcset=\"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/TU110P71-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/TU110P71-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/TU110P71-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.traitdunionmag.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/TU110P71.jpg 1181w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4964\" class=\"wp-caption-text\">PHOTOGRAPHIE PRISE AU CHATEAU LA VERRERIE \u00bf PUGET SUR DURANCE (84360, FRANCE), 2015<\/figcaption><\/figure>\n<p>C\u2019est comme la mont\u00e9e de l\u2019Alpe d\u2019Huez. Il faut toujours garder un \u0153il sur le leader et rester dans sa roue. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le ch\u00e2teau Ang\u00e9lus annon\u00e7ait la conversion de son vignoble en agriculture biologique. Il \u00e9tait temps, diront certains. On attendait l\u2019\u00e9chapp\u00e9e, diront les autres.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de viticulture comme du reste, on attend toujours que les hommes de t\u00eate se d\u00e9tachent pour donner le coup de p\u00e9dale. Cette nouvelle devrait logiquement en entra\u00eener d\u2019autres analogues, de la part de crus contigus de Saint-Emilion ou d\u2019ailleurs, qui pourraient suivre le mouvement.<\/p>\n<p>Cet \u00e9pisode somme toute classique, qui va dans le (bon) sens de l\u2019histoire, a fait grand bruit \u00e0 Bordeaux. Rapport\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble du territoire national et \u00e0 la proportion de cultures en bio, il reste anecdotique. En effet, m\u00eame si le bio progresse, il reste marginal en France, occupant \u00e0 peine plus de 5\u00a0% des surfaces cultiv\u00e9es. Pour le vignoble, on atteint laborieusement 10\u00a0%.<\/p>\n<p>La marge de progression est donc importante. Aujourd\u2019hui, difficile d\u2019ignorer ce mode de culture et de trouver encore des excuses pour ne pas s\u2019y plier lorsque l\u2019on est un grand ch\u00e2teau \u00e0 la tr\u00e9sorerie bien g\u00e9r\u00e9e et au personnel form\u00e9. C\u2019est pourtant par les petits\u00a0producteurs que l\u2019amorce s\u2019est faite.<\/p>\n<p>Il aura fallu des \u00e2mes fortes, prenant leur b\u00e2ton de p\u00e8lerin, pr\u00eachant dans les rangs de vignes la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9couter la nature, de la respecter, de la laisser vivre. C\u2019est juste cela, le bio, un respect de l\u2019environnement qui semble aller de soi mais qui, \u00e0 l\u2019aune d\u2019int\u00e9r\u00eats parfois sup\u00e9rieurs, \u00e9conomiques ou humains, emprunte bien des d\u00e9tours.<\/p>\n<p>Ils sont une poign\u00e9e \u00e0 y croire un peu plus fort, \u00e0 d\u00e9cider l\u2019urgence avant les autres. Il y a d\u2019abord eu Goethe, qui pr\u00f4nait une approche objective de la nature par l\u2019observation pr\u00e9cise de la plante, dans le temps et sous toutes ses formes. Il a inspir\u00e9 le jeune Rudolf Steiner d\u00e8s 1884, qui donna le nom de G\u0153theanum \u00e0 l\u2019universit\u00e9 qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9 en Suisse au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Pensant la terre comme \u00ab\u00a0ins\u00e9parable de son environnement cosmique\u00a0\u00bb, ce th\u00e9oricien autrichien a pos\u00e9 les bases fondatrices de la biodynamie en 1924. Cette d\u00e9marche consid\u00e8re le vignoble comme une entit\u00e9 vivante avec un \u00e9quilibre \u00e0 respecter entre les quatre \u00e9l\u00e9ments, terre, eau, air et soleil, introduisant l\u2019id\u00e9e de faire concorder les travaux agricoles avec certaines phases de la lune. En utilisant \u00ab\u00a0les forces de vie\u00a0\u00bb (c\u2019est l\u2019\u00e9tymologie du mot, form\u00e9 des racines grecques bio et dunamis), la biodynamie inscrit la plante dans la dur\u00e9e et dans un cycle.<\/p>\n<p>Les premiers \u00e0 avoir saut\u00e9 le pas sont Lalou-Bize Leroy et Anne-Claude Leflaive en Bourgogne, Marc Kreydenweiss et Olivier Humbrecht en Alsace. \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, Claude et Lydia Bourguignon, \u00e0 la t\u00eate du laboratoire d\u2019analyse microbiologique des sols (LAMS), constataient : \u00ab\u00a0Le travail du vigneron d\u00e9butait \u00e0 la cave. La vigne n\u2019\u00e9tait pas la priorit\u00e9. L\u2019\u0153nologie a corrig\u00e9 beaucoup de d\u00e9fauts dans les vins, mais les sols ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s.\u00a0\u00bb No\u00ebl Pinguet au domaine Huet et Nicolas Joly \u00e0 la Coul\u00e9e de Serrant ont ouvert, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90, la voie dans laquelle de nombreux vignerons se sont ensuite engouffr\u00e9s.<br \/>\nM\u00eame les grandes maisons champenoises s\u2019y sont converties. Au tableau d\u2019honneur des bons \u00e9l\u00e8ves, citons Louis Roederer et ses 75 hectares cultiv\u00e9s en biodynamie. Sans parler de ceux qui, incognito, travaillent \u00e7a et l\u00e0 quelques parcelles, \u00ab\u00a0histoire de voir\u00a0\u00bb. Peu \u00e0 peu, toutes les r\u00e9gions se convertissent au bio, chacune \u00e0 son rythme et selon son climat.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, difficile de ne pas adh\u00e9rer au principe. M\u00eame les r\u00e9fractaires dans les faits reconnaissent la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019y souscrire et eux aussi l\u00e8vent le pied sur les pulv\u00e9risations et autres traitements de contact, conscients ou inquiets de leur impact sur l\u2019environnement mais aussi, surtout peut-\u00eatre, sur la sant\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Jeudi 7 novembre 18h30-21h30,<br \/>\nvenez retrouver Thierry Desseauve<br \/>\n\u00e0 TheHive WanChai<\/p>\n<p>Accompagn\u00e9 de quelques domaines<br \/>\naux allures vertes:<\/p>\n<p>\u2022 Domaine de la Chupette<br \/>\n\u2022 Donkey and Goat<br \/>\n\u2022 Belligham State<br \/>\n\u2022 Boschendal<br \/>\nEt de savoureux accompagnements pr\u00e9par\u00e9s par :<br \/>\nMesklenn et Le Bistro Winebeast<\/p>\n<p>TheHive Wan Chai<br \/>\n21\/F, The Phoenix, 23 Luard Road, Wanchai<br \/>\nhttps:\/\/ticketdood.com\/e\/66\/le-club-food-wine<\/p>\n<p>* Avec notre partenaire, leader des groupes de presse sp\u00e9cialis\u00e9s dans le vin en France, Bettane+Desseauve, retrouvez chaque mois des conseils et astuces mais aussi des portraits de vignerons, interviews, s\u00e9lections de vins et dossiers approfondis.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour certains, une \u00e9vidence, pour d\u2019autres, un argument. 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