{"id":3021,"date":"2018-04-03T07:43:36","date_gmt":"2018-04-03T06:43:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=3021"},"modified":"2020-02-11T10:52:56","modified_gmt":"2020-02-11T09:52:56","slug":"retour-sur-la-tournee-de-jacques-weber","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=3021","title":{"rendered":"Retour sur la tourn\u00e9e de Jacques weber"},"content":{"rendered":"<p><em>Venu pr\u00e9senter son spectacle \u00ab\u00a0Hugo au bistrot\u00a0\u00bb \u00e0 Hong-Kong, Macao et S\u00e9oul, Jacques Weber garde un excellent souvenir de cet escale asiatique. Retour avec l\u2019artiste sur cette tourn\u00e9e hors du commun.<\/em><\/p>\n<p><strong>Propos recueillis par Catya Martin<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Trait d\u2019Union\u00a0: A Hong-Kong pour la seconde fois, vous avez donn\u00e9 lecture dans des lieux tr\u00e8s diff\u00e9rents. Que retenez-vous de ces repr\u00e9sentations\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Jacques Weber\u00a0:\u00a0Je pars du principe que mon m\u00e9tier est d\u2019\u00eatre acteur, interpr\u00e8te et passeur de texte. Je dois trouver le bonheur et le plaisir de chacun et on trouve toujours le moyen, c\u2019est toujours tr\u00e8s agr\u00e9able de voir comment on peut prendre une salle. Ca fait parti de l\u2019art de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Lors de votre passage \u00e0 Hong-Kong, vous avez fait un arr\u00eat pour vous poser dans le fauteuil de Parenth\u00e8ses et parler de votre dernier livre \u00ab\u00a0Vivre en bourgeois, penser en demi-dieu\u00a0\u00bb. Vos impressions sur ce passage remarqu\u00e9 \u00e0 la librairie de Hong-Kong\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai ador\u00e9\u00a0cet endroit\u00a0! C\u2019est une vraie librairie, c\u2019est le bordel, c\u2019est envahi par les livres, c\u2019est envahi par le gout immod\u00e9r\u00e9 de la litt\u00e9rature et en m\u00eame temps \u00e7a sent la r\u00e9sistance, planqu\u00e9 dans un immeuble au 3\u00e8me \u00e9tage, ou les murs sont trop \u00e9troits, mais le livre est l\u00e0, plus fort que tout.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pourquoi Victor Hugo\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Hugo m\u2019est revenu en t\u00eate car lors des pr\u00e9sidentielles, je l\u2019entendais tout le temps dans la bouche de gens tr\u00e8s bien et mais aussi dans la bouche de personnes beaucoup moins bien. De gens qui avaient tout \u00e0 fait raison d\u2019en parler et d\u2019autres qui faisaient une usurpation tellement scandaleuse que je me suis dit mais pourquoi cette unanimisme pour s\u00e9duire les foules\u00a0? J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 de retourner voir ce grand homme. Et l\u00e0, j\u2019ai trouv\u00e9 un livre peu connu \u00ab\u00a0Choses vues\u00a0\u00bb o\u00f9 Hugo prend des notes toute la journ\u00e9e sur ce qu\u2019il voit \u00e0 travers ses vies. C\u2019est un homme incroyable et on comprend qu\u2019il a \u00e9cras\u00e9 le XIX\u00e8me de cette fa\u00e7on.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Hugo plus contemporain que jamais\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis all\u00e9 regarder dans Les Mis\u00e9rables o\u00f9 il y a des pages d\u2019anthologie. Je ne peux dire du Hugo en passant outre les grands th\u00e8mes qu\u2019il a abord\u00e9 et qui sont h\u00e9las encore si pr\u00e9gnants tels que ceux de la mis\u00e8re, de la pauvret\u00e9 ou encore de femme.<\/p>\n<p>Extrait d\u2019Hugo sur les femmes\u00a0: \u00ab\u00a0Il est difficile de composer le bonheur de l\u2019homme avec la souffrance de la femme \u2026 Dans la civilisation actuelle, il y a une esclave, la loi a des euph\u00e9mismes, ce que j\u2019appelle une esclave, elle l\u2019appelle une mineure, cette mineure selon la loi, cette esclave selon la r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est la femme\u00a0\u2026\u00a0 l\u2019homme a fait verser tous les droits de son c\u00f4t\u00e9, tous les devoirs du c\u00f4t\u00e9 de la femme, de l\u00e0 un trouble profond, de la servitude de la femme dans notre l\u00e9gislation qu\u2019elle est, la femme ne poss\u00e8de pas, n\u2019existe pas en justice, ne vote pas, elle ne compte pas, elle n\u2019est pas. Il y a des citoyens pas de citoyennes\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les r\u00e9actions des diff\u00e9rents publics\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Chaque public est diff\u00e9rent selon les jours, le temps, l\u2019actualit\u00e9 r\u00e9cente, l\u2019actualit\u00e9 travers\u00e9e, selon les pays aussi, ce n\u2019est jamais tout \u00e0 fait pareil et en m\u00eame temps, paradoxe, c\u2019est toujours un peu la m\u00eame chose.<\/p>\n<p>Les textes ont leurs vertus initiales et g\u00e9n\u00e9rales qui touchent plus ou moins tout le monde de fa\u00e7on diff\u00e9rente mais qui touchent toujours tout le monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s le spectacle vous revenez vers les spectateurs. Que vous disent-ils\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a toujours dans un premier temps de la timidit\u00e9. Ce qui me fait le plus plaisir est ce qui se passe quelques jours apr\u00e8s, dans la t\u00eate des gens. Si le spectacle est encore pr\u00e9sent, c\u2019est donc qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 quelque chose qui me touche beaucoup. Beaucoup \u00e9taient int\u00e9ress\u00e9s par le moment o\u00f9 j\u2019explique comment le po\u00e8me est construit. C\u2019est une r\u00e9currence de presque toutes les tables.<\/p>\n<p>Ils ne connaissaient pas du tout cette histoire de la f\u00e9minine et de la br\u00e8ve, qui est une des choses unique de la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>D\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9s par demain d\u00e8s l\u2019aube, par le testament ou encore la vieillesse. Chacun \u00e0 son sujet de pr\u00e9dilection.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Et votre rencontre avec les jeunes du Lyc\u00e9e fran\u00e7ais\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Les jeunes ont un rapport sur le monde que je n\u2019aurais jamais plus. Quoi que je fasse et quoi que je lise. Ils ont un cerveau qui n\u2019est pas construit de la m\u00eame fa\u00e7on que le mien. Le cerveau humain est le seul organe qui se r\u00e9organise selon la demande et les jeunes ont une fa\u00e7on de r\u00e9fl\u00e9chir diff\u00e9rente de la mienne.C\u2019est\u00a0 donc toujours int\u00e9ressant, pour moi comme pour eux, et ce rapport p\u00e9dagogique, ou interg\u00e9n\u00e9rationnel, n\u2019est int\u00e9ressant que dans l\u2019aller-retour.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a jamais d\u2019aller simple, je ne suis pas du tout pour les cours magistraux.<\/p>\n<p>Je suis un homme de terrain qui a pour lui son exp\u00e9rience. Mais m\u00eame avec cette exp\u00e9rience, les m\u00f4mes vont m\u2019apprendre des choses sur le monde que je ne vois pas de la m\u00eame fa\u00e7on. Les questions pos\u00e9es sont les m\u00eames un peu partout, on sent les questions pr\u00e9par\u00e9es et au fil du d\u00e9bat les choses se pr\u00e9cisent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Quels souvenirs garderez-vous de cette tourn\u00e9e\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019abord un formidable d\u00e9paysement et il y a ce choc frontal avec ce que je pressentais, mais que je n\u2019imaginais pas, c\u2019est \u00e0 dire la d\u00e9couverte que je suis dans un monde dingue, fou et d\u00e9finitivement perdu.<\/p>\n<p>Je trouve que Hong-Kong, comme Macao me font penser \u00e0 la fable de la fontaine, La grenouille qui voulait devenir plus grosse que le b\u0153uf. A Macao je me suis m\u00eame dit que nous \u00e9tions tr\u00e8s pr\u00e8s de Rome avant Constantin. Avant la fin de l\u2019empire romain, on est tr\u00e8s pr\u00e8s.<\/p>\n<p>Bien sur il faut toujours esp\u00e9rer. Je ne suis pas un catastrophiste. Il semble que l\u2019Homme a toujours su se remettre sur ses pieds.<\/p>\n<p>Ensuite, cette rencontre avec ce journaliste qui ne comprend pas le fran\u00e7ais mais qui \u00e9tait l\u00e0 et qui a eu l\u2019\u00e9motion. \u00e7a c\u2019est ce qui me fait le plus plaisir.<\/p>\n<p>Et aussi cette ferveur ressentie lors de la discussion \u00e0 la librairie francophone.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Venu pr\u00e9senter son spectacle \u00ab\u00a0Hugo au bistrot\u00a0\u00bb \u00e0 Hong-Kong, Macao et S\u00e9oul, Jacques Weber garde un excellent souvenir de cet<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":3023,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-3021","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3021","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3021"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3021\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3093,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3021\/revisions\/3093"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3023"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3021"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3021"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3021"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}