{"id":1952,"date":"2016-12-30T06:13:29","date_gmt":"2016-12-30T05:13:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=1952"},"modified":"2016-12-30T09:27:21","modified_gmt":"2016-12-30T08:27:21","slug":"el-invierno-une-metaphore-sur-lhiver-que-traverse-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=1952","title":{"rendered":"El invierno\u00a0\u00bb\u00a0: une m\u00e9taphore sur l\u2019hiver que traverse le monde\u2026"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><i>\u00ab\u00a0El invierno\u00a0\u00bb, l\u2019opera prima du r\u00e9alisateur argentin Emiliano Torres n\u2019\u00e9tait pas encore sorti en salle qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 couvert d\u2019\u00e9loges et de prix. Prim\u00e9 dans les festivals europ\u00e9ens de San S\u00e9batian (Espagne), Toulouse et Biarritz (France), il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 lors de la 12\u00e8me \u00e9dition du festival du film de Zurich qui a lieu du 22 septembre au 2 octobre. Et le 13 d\u00e9cembre dernier il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 \u00ab\u00a0meilleur film\u00a0\u00bb lors de l\u2019International Film Festival &amp; Awards de Macao. Sorti en salle en Argentine le 6 octobre dernier, \u00ab\u00a0El invierno\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 en avant-premi\u00e8re \u00e0 l\u2019Alliance fran\u00e7aise de Buenos Aires en octobre 2016, quelques jours avant sa sortie officielle dans les salles argentines. Nous avions rencontr\u00e9 Emiliano Torres \u00e0 Buenos Aires pour une interview entre deux avions.<\/i><\/p>\n<p class=\"p3\"><b>Propos recueillis par Graziella Riou<\/b><\/p>\n<p class=\"p3\">Trait d\u2019Union\u00a0: \u00ab\u00a0El invierno\u00a0\u00bb est un film intimiste voir introspectif qui se passe dans un milieu hostile, il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une histoire personnelle\u00a0?<\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><b>Emiliano Torres<\/b><\/span><b>\u00a0:<\/b> Non\u00a0! Je suis totalement Porte\u00f1o (ndlr\u00a0: habitant de Buenos Aires), mais d\u2019avoir toujours v\u00e9cu en ville et dans des petits espaces a d\u00e9velopp\u00e9 chez moi une fascination pour les grands espaces ouverts et les voyages et j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par l\u2019immensit\u00e9 de la Patagonie et ses horizons infinis et gr\u00e2ce \u00e0 mon travail comme assistant de direction pendant 21 ans j\u2019ai beaucoup voyag\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>La Patagonie que vous avez film\u00e9e s\u2019impose comme le 3\u00e8me personnage du film entre le vieux contrema\u00eetre et son jeune rempla\u00e7ant, que repr\u00e9sente-t-elle\u00a0?<\/b><\/p>\n<p class=\"p3\">Cette zone de la Patagonie est la moins connue. Elle est situ\u00e9e au sud ouest de Santa Cruz, il n\u2019y a pas de baleines, pas de pingouins ni de lacs, c\u2019est une zone de travail, rurale avec un climat tr\u00e8s dur mais qui pour moi a une beaut\u00e9 unique et \u00e7a m\u2019int\u00e9ressait de filmer ce lieu, mais pas pour en faire un film de paysage. Le d\u00e9fi \u00e9tait d\u2019incorporer le paysage comme un personnage du film mais de mani\u00e8re naturelle parce qu\u2019il est important dans la vie des habitants.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>Comment s\u2019est pass\u00e9 le tournage\u00a0?<\/b><\/p>\n<p class=\"p3\">Les conditions ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficiles avec sept heures de lumi\u00e8re par jour, un vent qui soufflait \u00e0 80km\/h qui rendait fou le preneur de son et affectait l\u2019humeur de toute l\u2019\u00e9quipe. Il n\u2019y avait pas de signal pour le t\u00e9l\u00e9phone, pas d\u2019internet \u00e9videmment. Ce fut un vrai exercice d\u2019adaptation mais \u00e7a m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 faire du cin\u00e9ma de mani\u00e8re essentielle, sans sophistication. Nous avons eu deux semaines de tournage en hiver et quatre en \u00e9t\u00e9, mais nous avons d\u00fb interrompre le tournage au milieu \u00e0 cause des conditions m\u00e9t\u00e9o ce qui n\u2019est pas habituel dans le cin\u00e9ma. La postproduction a dur\u00e9 un mois et la sonorisation et les effets sp\u00e9ciaux deux mois. C\u2019est un Fran\u00e7ais qui a \u00e9crit la musique, Cyril Morin et la finalisation des effets sp\u00e9ciaux a \u00e9t\u00e9 faite par la soci\u00e9t\u00e9 Com-une-image. Et c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la co-production avec Orange et Cit\u00e9 Film qui se sont engag\u00e9s sur la base du sc\u00e9nario que nous avons pu faire le film, ce qui est in\u00e9dit s\u2019agissant d\u2019une premi\u00e8re oeuvre.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>Ce film raconte une histoire de rel\u00e8ve, de jeunesse et de vieillesse, de lutte pour la vie \u2026 Les r\u00f4les sont incarn\u00e9s par deux acteurs tr\u00e8s diff\u00e9rents, d\u2019o\u00f9 viennent-ils\u00a0?<\/b><\/p>\n<p class=\"p3\">Il y a le vieux r\u00e9gisseur qui apr\u00e8s 40 ann\u00e9es pass\u00e9es &#8211; dans une solitude quasi-absolue &#8211; \u00e0 s\u2019occuper comme si c\u2019\u00e9tait la sienne de cette estancia, est \u00ab\u00a0remerci\u00e9\u00a0\u00bb sans \u00e9tat d\u2019\u00e2me par le propri\u00e9taire mais comme il est habitu\u00e9 \u00e0 donner des ordres comme \u00e0 en recevoir il fait son sac en 10 minutes et il s\u2019en va. Il est interpr\u00e9t\u00e9 par l\u2019acteur chilien, Alejandro Sieveking. C\u2019est un tr\u00e8s grand acteur et j\u2019avais besoin d\u2019un com\u00e9dien qui soit capable de mim\u00e9tisme avec l\u2019environnement et le paysage et Alejandro r\u00e9unissait ces caract\u00e9ristiques. Et il y a son \u00ab\u00a0rempla\u00e7ant\u00a0\u00bb, le jeune paysan qui vient du Nord, qui a menti en assurant qu\u2019il n\u2019avait pas de famille afin d\u2019avoir le travail et qui n\u2019est pas habitu\u00e9 \u00e0 la solitude ni au froid qui lui est interpr\u00e9t\u00e9 par un jeune acteur argentin originaire de la province de Missiones.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>Le vieux r\u00e9gisseur ne ressemble pas aux r\u00e9gisseurs que l\u2019on peut croiser dans le campo argentin, c\u2019est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9\u00a0?<\/b><\/p>\n<p class=\"p3\">Non c\u2019est la r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est une particularit\u00e9 de la Patagonie argentine qui basiquement a \u00e9t\u00e9 peupl\u00e9e par des fils d\u2019\u00e9migrants anglo-saxons et les r\u00e9gisseurs sont presque tous d\u2019origine anglaise, galloise ou \u00e9cossaise. Mais si les traits et l\u2019aspect de ce vieux sont europ\u00e9ens, sa r\u00e9alit\u00e9 est toute aussi dure et triste que celle du p\u00e9on qui vient de Corrientes.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>Avec ce premier long m\u00e9trage, vous nous racontez bien plus qu\u2019une histoire de passage d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre\u2026<\/b><\/p>\n<p class=\"p3\">Cet hiver c\u2019est comme un test pour ces deux hommes qui doivent survivre, et cela n\u2019a pas seulement \u00e0 voir avec le fait de passer ce cycle de temps particulier, de ce moment difficile de l\u2019ann\u00e9e et dans la vie des personnages mais en extrapolant cela peut \u00eatre vu comme une vision de ce moment du monde dans lequel nous vivons, je sens que l\u2019on est en train de traverser un hiver\u2026Ce que d\u00e9crit ce film c\u2019est aussi une m\u00e9taphore de la fa\u00e7on dont s\u2019est construit ce pays. Ce sont deux personnages issus de deux r\u00e9gions tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es l\u2019une de l\u2019autre et qui luttent pour un travail mis\u00e9rable. Un travail qui consiste \u00e0 s\u2019occuper d\u2019un lieu dont le propri\u00e9taire n\u2019a pas de nom et qui pour ainsi dire n\u2019existe pas, qui est absent. D\u2019une certaine mani\u00e8re \u00e7a a \u00e0 voir avec la construction de l\u2019identit\u00e9 argentine, nous sommes de passage sans savoir r\u00e9ellement qui nous sommes, ni \u00e0 qui nous ressemblons. Et je crois que cette contradiction d\u00e9finit assez bien l\u2019argentin\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0El invierno\u00a0\u00bb, l\u2019opera prima du r\u00e9alisateur argentin Emiliano Torres n\u2019\u00e9tait pas encore sorti en salle qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 couvert d\u2019\u00e9loges<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":1956,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-1952","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1952","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1952"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1952\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1957,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1952\/revisions\/1957"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1956"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1952"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1952"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1952"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}