{"id":1839,"date":"2016-12-07T20:54:14","date_gmt":"2016-12-07T19:54:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=1839"},"modified":"2020-02-11T10:57:05","modified_gmt":"2020-02-11T09:57:05","slug":"boston-capitale-economique-historique-et-culturelle-de-la-nouvelle-angleterre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.traitdunionmag.com\/?p=1839","title":{"rendered":"Boston : capitale \u00e9conomique, historique et culturelle de la Nouvelle Angleterre"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><b><\/b><i>Boston tient une place \u00e0 part au sein de la nation nord-am\u00e9ricaine, au m\u00eame titre que la Nouvelle-Angleterre. Par son histoire, sa vie culturelle et artistique, voire sa mouvance politique, il ne fait nul doute qu&rsquo;elle soit devenue un p\u00f4le majeur dans le c\u0153ur des Am\u00e9ricains. La capitale de l&rsquo;\u00c9tat du Massachusetts est peut-\u00eatre aussi la plus europ\u00e9enne des villes des \u00c9tats-Unis. Ce qui ne l&#8217;emp\u00eache pas de demeurer moderne, dynamique en se pla\u00e7ant parmi les villes les plus progressistes du pays. <\/i><\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Par Christian Sorand<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\">Il est fort probable que l\u2019histoire et la prosp\u00e9rit\u00e9 de Boston soient dues \u00e0 une position g\u00e9ographique privil\u00e9gi\u00e9e. En regardant une carte, on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019elle jouit d\u2019un emplacement strat\u00e9gique exceptionnel\u00a0: la c\u00f4te de Nouvelle-Angleterre est la plus proche du continent europ\u00e9en. Sa proximit\u00e9 des rives canadiennes de la Nouvelle-\u00c9cosse et de Terre-Neuve, et donc du Groenland et de l\u2019Islande, a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans sa fondation pour les premiers explorateurs, et aussi pour les p\u00eacheurs venus de Bretagne et du Portugal. Simple fait de g\u00e9opolitique, o\u00f9 la d\u00e9couverte d\u2019un port naturel prot\u00e9g\u00e9 par des \u00eeles, \u00e0 l\u2019embouchure d\u2019un fleuve (Charles River), a tout simplement favoris\u00e9 la premi\u00e8re colonie d\u2019immigrants. Et de fil en aiguille, c\u2019est ainsi qu\u2019est n\u00e9e Boston. \u00c9tant donc un berceau du Nouveau Monde, la ville coloniale a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une nouvelle aristocratie avide de retrouver ses origines europ\u00e9ennes dont sont issues les prestigieuses institutions culturelles (Harvard, MIT, Radcliffe College). Or, c\u2019est \u00e9galement ici que s\u2019est forg\u00e9 l\u2019esprit d\u2019une jeune nation, semant \u00e9ventuellement les germes de l\u2019ind\u00e9pendance am\u00e9ricaine. Pour les Fran\u00e7ais, cette m\u00e9tropole r\u00e9gionale conserve des racines culturelles ind\u00e9l\u00e9biles li\u00e9es \u00e0 l\u2019histoire et au courant de pens\u00e9e de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Le berceau de l\u2019Am\u00e9rique<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\">Boston n\u2019a pas le profil habituel d\u2019une ville am\u00e9ricaine. Certes, il existe bien un downtown plant\u00e9 de gratte-ciel d\u00e9limitant le centre des affaires. Et pourtant la ville n\u2019est pas con\u00e7ue selon le principe du damier.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019histoire explique une nouvelle fois cette particularit\u00e9. En 1630, les fondateurs \u00e9taient un groupe de puritains anglais qui baptis\u00e8rent Boston du m\u00eame nom que la petite ville du Lincolnshire d\u2019o\u00f9 ils venaient. Ils recr\u00e9\u00e8rent le style architectural de leur patrie d\u2019origine. Le \u2018Boston Common\u2019, fond\u00e9 au XVIIe si\u00e8cle, est un vaste espace vert du centre-ville, rappelant l\u2019Angleterre. Cet immense parc a une fonction comparable \u00e0 celle de Central Park \u00e0 New York. Tr\u00e8s vite, une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements va secouer la colonie britannique\u00a0: le massacre de Boston (1770), le Boston Tea Party (1773), puis le si\u00e8ge de Boston (1775-76). La ville joue un r\u00f4le cl\u00e9 pendant la guerre d\u2019ind\u00e9pendance am\u00e9ricaine. Deux hommes politiques majeurs sont bostoniens\u00a0: Benjamin Franklin et Samuel Adams. Outre le diplomate parisien qu\u2019est devenu Franklin, quelques Fran\u00e7ais se sont illustr\u00e9s localement. Il y a d\u2019abord eu Paul Revere (1735-1818), fils d\u2019un huguenot de Gironde. Le vrai nom de son p\u00e8re \u00e9tait Apollos Rivoire, arriv\u00e9 en Am\u00e9rique \u00e0 l\u2019\u00e2ge de treize ans apr\u00e8s la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes. Paul Revere, son fils, est devenu l\u2019un des h\u00e9ros de la guerre d\u2019ind\u00e9pendance par sa chevauch\u00e9e patriotique de la nuit du 18 avril 1775 (Midnight\u2019s Ride). Une autre famille de huguenots, les Faneuil, a tenu un r\u00f4le important dans l\u2019histoire locale. Le riche marchand Peter Faneuil, n\u00e9 en 1700 \u00e0 New Rochelle dans l\u2019\u00c9tat de New York, s\u2019\u00e9tait \u00e9tabli \u00e0 Boston pour g\u00e9rer son commerce triangulaire avec les Antilles. Il fit don de Faneuil Hall, un march\u00e9 et un lieu de rencontres politiques, devenu aujourd\u2019hui l\u2019un des monuments jalonnant le \u00ab\u00a0chemin de la Libert\u00e9\u00a0\u00bb (Freedom Trail) de la ville de Boston. \u00c0 proximit\u00e9, au coin d\u2019Union Street, se trouve une vieille taverne\u00a0: Ye Old Union Oyster House. En 1796, un certain Monsieur d\u2019Orl\u00e9ans vivait au 1er \u00e9tage et donnait des cours de fran\u00e7ais \u00e0 des jeunes Am\u00e9ricaines&#8230; avant de devenir plus tard le roi de France, Louis Philippe\u00a0!<\/p>\n<p class=\"p1\">Boston est parsem\u00e9e de lieux historiques. La colline de Beacon Hill est un vieux quartier r\u00e9sidentiel aux belles demeures victoriennes et aux rues pav\u00e9es, \u00e0 deux pas du Massachusetts State House et du Common. L\u2019une des \u00e9tapes du chemin de la libert\u00e9 est un cimeti\u00e8re\u00a0: Old Granary Burying Ground, (XVIIe) s\u00e9pulture des grands r\u00e9volutionnaires comme Peter Faneuil, Paul Revere, Samuel Adams, ou encore de M\u00e8re l\u2019Oie (Mother Goose) auteure de comptines c\u00e9l\u00e8bres.<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Centre intellectuel et culturel<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\">Boston ne doit pas sa notori\u00e9t\u00e9 seulement au pass\u00e9. La ville se distingue aussi comme \u00e9tant un formidable foyer culturel et intellectuel.<\/p>\n<p class=\"p1\">Un fleuve (Charles River) s\u00e9pare la ville de Boston de celle de Cambridge. C\u2019est sur cette rive que se trouvent quelques-unes des plus prestigieuses universit\u00e9s du pays\u00a0: l\u2019universit\u00e9 Harvard et sa contrepartie f\u00e9minine, Radcliffe College, ou encore le MIT (Massachusetts Institute of Technology).<\/p>\n<p class=\"p1\">Au XIXe si\u00e8cle, Boston est devenue si c\u00e9l\u00e8bre qu\u2019on l\u2019a surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0l\u2019Ath\u00e8nes de l\u2019Am\u00e9rique\u00a0\u00bb. Edgar Allan Poe (1809-1847), po\u00e8te et romancier, est n\u00e9 \u00e0 Boston. Deux \u00e9crivains c\u00e9l\u00e8bres sont venus s\u2019y r\u00e9fugier par la suite\u00a0: le Libanais Gibran Khalil Gibran (1883-1931) et le Roumain Elie Wiesel (1928-2016). C\u2019est aussi la ville du peintre am\u00e9ricain John Singleton Copley (Boston,1738-Londres,1815) et celle o\u00f9 l\u2019architecte Ieoh Ming Pei y a \u00e9tudi\u00e9 et construit (John Fitzgerald Kennedy Library). Bien que le clan des Kennedy soit originaire du Cap Cod, au sud du Massachusetts, c\u2019est \u00e0 Boston que Robert et John Kennedy ont fait leurs \u00e9tudes.<\/p>\n<p class=\"p1\">La musique y tient aussi un r\u00f4le majeur. On y trouve une acad\u00e9mie de musique, un conservatoire de musique et surtout l\u2019orchestre symphonique de Boston, class\u00e9 parmi les dix meilleurs du monde.<\/p>\n<p class=\"p1\">Boston a aussi ses mus\u00e9es. Il y a bien s\u00fbr le Tea Party Museum pr\u00e8s du pont de Congress Street, o\u00f9 se trouve la r\u00e9plique du \u2018Beaver II \u2018, l\u2019un des trois bateaux de la partie de th\u00e9 (Boston Tea Party)\u00a0; il y a ensuite le mus\u00e9e de l\u2019USS Constitution (1797), premier navire de la jeune nation am\u00e9ricaine. La visite de deux autres mus\u00e9es s\u2019impose pourtant. Tout d\u2019abord, le mus\u00e9e des Beaux-Arts (1905), l\u2019un des plus vastes et des plus riches de toute l\u2019Am\u00e9rique. Le b\u00e2timent construit en style n\u00e9o-classique comporte huit d\u00e9partements\u00a0: l\u2019art asiatique, les antiquit\u00e9s \u00e9gyptiennes, les antiquit\u00e9s grecques et romaines, les arts d\u00e9coratifs europ\u00e9ens, les peintures europ\u00e9ennes, l\u2019art am\u00e9ricain, les estampes et les dessins, les textiles et l\u2019art contemporain. Les collections de peintures pr\u00e9-impressionnistes (Corot, Courbet, Delacroix, Millet) et surtout impressionnistes sont particuli\u00e8rement riches (Degas, Gauguin, Manet, Monet, Renoir, Van Gogh). Une salle enti\u00e8re est ainsi d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Claude Monet. On peut y voir \u00ab\u00a0la Japonaise\u00a0\u00bb, des tableaux du jardin de Giverny et de la cath\u00e9drale de Rouen. Il y a \u00e9galement un autre tr\u00e8s beau petit mus\u00e9e \u00e9difi\u00e9 dans le style d\u2019un palais v\u00e9nitien du XVe\u00a0si\u00e8cle: Isabella Stewart Gardner Museum (1903). La cour int\u00e9rieure est abrit\u00e9e par une verri\u00e8re faisant l\u2019effet d\u2019une serre sur un jardin tropical. Les collections \u00e9clectiques incluent des meubles anciens, des tapisseries, une mosa\u00efque romaine, un clo\u00eetre espagnol, des c\u00e9ramiques mexicaines du XVIIe si\u00e8cle, un vitrail du XIIIe si\u00e8cle provenant de la cath\u00e9drale de Soissons. Certaines salles mettent en valeur des \u00e9poques artistiques\u00a0: la salle des primitifs italiens, la salle de Rapha\u00ebl, la salle V\u00e9ron\u00e8se ou encore celle de Titien\u00a0; et puis \u00e9galement les salles hollandaise et gothique. Les \u0153uvres expos\u00e9es sont celles de Rembrandt, Rapha\u00ebl, Titien, Botticelli ou encore Michel-Ange, mais aussi celles de peintres fran\u00e7ais comme Degas, Manet ou Matisse.<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Le creuset d\u2019une r\u00e9gion prosp\u00e8re<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\">Centre \u00e9conomique majeur pour la r\u00e9gion de Nouvelle Angleterre le port naturel a tout d\u2019abord contribu\u00e9 \u00e0 sa richesse. Au XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles, le commerce maritime triangulaire se faisait avec la Grande Bretagne et les Antilles. Puis, \u00e0 partir du XIXe, l\u2019immigration italienne et irlandaise a transform\u00e9 la sociologie urbaine. L\u2019aristocratie locale, puritaine et protestante, s\u2019est soudain vue confront\u00e9e \u00e0 une nouvelle classe de religion catholique (le clan des Kennedy). C\u2019est \u00e0 Boston qu\u2019a eu lieu en 1927 l\u2019ex\u00e9cution de deux anarchistes italiens (Nicola Sacco et Bartomoleo Vanzetti). De plus, il existe une importante minorit\u00e9 asiatique, dont le Chinatown est un t\u00e9moin exotique visible. Le premier m\u00e9tro du continent am\u00e9ricain, avant New York et Chicago, a \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 Boston en 1896. Dans les ann\u00e9es 1970, Boston conna\u00eet un renouveau \u00e9conomique. C\u2019est au tour de la finance et des biotechnologies de s\u2019y implanter. La compagnie Gillette y poss\u00e8de son si\u00e8ge social.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le charme de la ville ne tient donc pas seulement \u00e0 son pass\u00e9 historique europ\u00e9en. Il y a eu une volont\u00e9 de cr\u00e9er et de conserver une quantit\u00e9 d\u2019espaces verts pour le bien-\u00eatre de tous. Le Common s\u2019est doubl\u00e9 d\u2019un magnifique jardin comportant lac et fontaines. Les rives de la Charles River ont \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9es pour recevoir les promeneurs, les joggeurs et aujourd\u2019hui surtout, une quantit\u00e9 inou\u00efe de v\u00e9los. Les beaux quartiers hupp\u00e9s de Back Bay ou de Beacon Hill lui conf\u00e8rent un attrait suppl\u00e9mentaire. L\u2019a\u00e9roport international est proche de la ville et surtout tr\u00e8s bien desservi par les bus et le m\u00e9tro. Boston n\u2019a peut-\u00eatre pas le cosmopolitisme urbain de New York ou la personnalit\u00e9 de San Francisco, mais elle n\u2019en demeure pas moins la plus europ\u00e9enne et l\u2019une des plus agr\u00e9ables communaut\u00e9s urbaines des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Sources<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\">\u2022 Wikip\u00e9dia<\/p>\n<p class=\"p1\">MIT-Massachusetts Institute of Technology\u00a0:<\/p>\n<p class=\"p1\"><a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Massachusetts_Institute_of_Technology\">https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Massachusetts_Institute_of_Technology<\/a><\/p>\n<p class=\"p1\">\u2022 Museum of Fine Arts, Boston\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.mfa.org\">http:\/\/www.mfa.org<\/a><\/p>\n<p class=\"p1\">\u2022 Isabella Stewart Gardner Museum\u00a0:<\/p>\n<p class=\"p1\"><a href=\"http:\/\/www.gardnermuseum.org\/home\">http:\/\/www.gardnermuseum.org\/home<\/a><\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Bibliographie<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\">\u2022 Nouvelle-Angleterre, Guides verts Micelin, 1\u00e8re \u00e9dition, Clermont-Fd, 1981, ISBN 2-06-005-680-2<\/p>\n<p class=\"p1\">\u2022 New England, Top 10, Eyewitness Travel, DK, London, 2014, ISBN 978-1-4093-2648-9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Boston tient une place \u00e0 part au sein de la nation nord-am\u00e9ricaine, au m\u00eame titre que la Nouvelle-Angleterre. 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