Culture

Ruines, Trophées, Palmes

Par Sven Larsonn

« Infinie est la plus petite parcelle du monde ! —

Finalement il en peint ce qui lui plaît.

Et qu’est-ce qui lui plait ? Ce qu’il sait peindre ! »

Friedrich Nietzsche, le Gai Savoir – Le peintre réaliste

Dans ma coupe de champagne, 

J’ai bu tout Paris, 

Absorbée, mise en rejet; des millions d’étreintes sur des milliasses de papilles; 

Chaque gorgée est une galaxie. 

Mes grimbes d’orge et de malt sont des laves en fusion perlées de mensonges,

Tout droit jaillies d’un proème de Ponge et d’un dom Perignon, 

Mes pores sont des éponges,

Des mondes de pétulance traversent ma trachée. Je jouis de ruts en songes.

Ruines, Trophées, Palmes, 

Naissent les néons, blafards, dans les sons sus silences, 2h du mat’ accable nos refrains les criards. Personne n’en sortira indemne, c’est la nuit longue et froide il est tard et les clochedingues de Saint-Gilles qui crèvent et crissent; ils meurent de bave à froid dans leur pulls sans fil et sans fard. 

Solitudes, Récif, Étoiles,

Quelle fut ta vie dis-moi, quels furent tes rêves? As-tu aimé? Penses-tu à tes amours défuntes quand tu ne meurs plus de faim? Chaque sirène mainte à l’envers,

Est une bulle de prix,

Que ce tunnel qui alanguit, 

Un cliché claque, mon réalisme 

A mon corps défendant grandit.

Une bulle de toast, salut,

A la santé des incrédules,

Et dans laquelle se renferment et les époques 

Et les poètes, les avant-gardes qui hoquettent, 

Cosmogonie baroque, cliquette, flash, ad hoc;  Où les visions du temps s’arrêtent, et où éphéméride fait bloc.

Dans ma coupe de champagne, 

J’ai bu tout Paris.

Une autre.

(Photo @Sven Larsonn / Sauvés par le Kong)