Les aventures de Célestin

Son visage est connu des membres de la communauté française de Hong-Kong où elle vit depuis six ans. Marie-Odile Ringue, mère de quatre enfants, a vécu plusieurs expatriations. A travers ses enfants, elle a su percevoir les attentes et les besoins de ces enfants déplacés d’un pays à l’autre avec leurs parents. D’où l’idée de créer le personnage de Célestin, petit garçon qui ne veut pas partir à Hong-Kong où son papa est muté. Rencontre avec une femme engagée auprès de la communauté française de Hong-Kong. Propos recueillis par Catya Martin

Trait d’Union : Pourquoi ce livre et comment vous est venue l’idée du personnage ?

Marie-Odile Ringue : Lorsque je suis arrivée à Hong-Kong, je me suis beaucoup promenée dans les différents quartiers avec mon dernier fils qui avait à l’époque l’âge de Célestin. Ensemble, nous avons ouvert grand nos yeux et nous avons fait des découvertes. Nous nous sommes émerveillés de tout ce qui était différent de la France, du quotidien que nous avions l’habitude de vivre.

De fil en aiguille, j’ai commencé à écrire des anecdotes juste pour fixer quelques impressions, quelques idées. Plus tard, une de mes filles est tombée sur ce que j’avais écrit et m’a dit : » Maman, c’est intéressant ce que tu écris mais qu’est ce que c’est ennuyeux à lire.  » A partir de cette réflexion, je me suis dit que cela pourrait intéresser les autres, en particulier les enfants qui débarquent à Hong-Kong pour y vivre mais que pour être lisible, il fallait créer un personnage qui leur ressemble et une petite intrigue. Je me suis prise au jeu. Un peu plus tard, un de mes amis, Jean-Christophe Defline, qui dessine à ses heures perdues, a donné un visage à Célestin en créant une très belle couverture à l’aquarelle.

En quoi la vie de Célestin est-elle proche du quotidien des enfants d’expatriés ?

Toutes les aventures de Célestin pourraient être réelles. La plupart le sont. Tous mes premiers lecteurs s’y sont retrouvés d’une manière ou d’une autre. Une de mes amies, qui a lu le livre à son fils, chapitre par chapitre, avant de le coucher, m’a raconté qu’après trois soirs, celui-ci s’est redressé dans son lit et lui a dit: « Maman, tu connais la dame qui a écrit le livre ? Oui, a-t-elle répondu. Mais alors, Maman, tu lui as raconté mon histoire! » Cela m’a fait éclater de rire et m’a touchée.

Cette identification avec le héros est un très bon moyen pour accrocher les enfants. Ils sont intrigués que l’on parle presque d’eux, que les aventures de Célestin leur soient arrivées ou auraient pu le faire. Cependant le regard de Célestin n’est pas tout à fait le leur et il leur permet d’avoir le plaisir de faire des découvertes.

Développer  le goût de la lecture, de la langue écrite est pour moi très important. Il faut maintenir et encourager cet exercice intellectuel qui est concurrencé par le monde audiovisuel qui donne beaucoup d’informations mais développe la pensée d’une manière plus superficielle.

Mère de quatre enfants, quels conseils donneriez-vous aux familles arrivant à Hong-Kong ?

La vie matérielle est plutôt facile. Les enfants y sont bien alors il faut profiter de toutes les occasions pour aiguiser leur curiosité, vivre des expériences différentes, apprendre les autres cultures.  S’ouvrir aux autres, réfléchir sur les différences, c’est aussi renforcer ses propres racines, les valeurs auxquelles on tient.

J’encourage donc à se promener, à visiter afin de découvrir Hong-Kong et l’Asie. Il existe quelques guides touristiques intéressants pour accompagner les enfants mais il n’y a pratiquement pas de littérature pour eux dont le cadre se situe à  Hong-Kong. C’est aussi une des raisons pour laquelle j’ai écrit ce livre.

Y-aura-t-il une suite des aventures de Célestin ?

Oui, Célestin, comme beaucoup de petits Français de Hong-Kong, voyage. Il y aura de nouvelles aventures dans différents pays d’Asie. J’ai plusieurs projets en cours de réalisation: Célestin aux Philippines, Célestin dans le Yunnan…

Je suis aussi à l’écoute de ce que souhaitent mes lecteurs. Lors de ma séance de dédicace à la librairie Parenthèses en juin dernier, j’ai beaucoup apprécié les échanges que j’ai eu avec les enfants qui étaient présents. Ces rencontres sont une manière formidable de partager, de s’enrichir.

« Celestion à Hong-Kong », par Marie-Odile Ringue