L’archipel d’Andaman : Koh Ngai, Koh Kradan, et Koh Muk (1ère partie)

À l’extrémité orientale de l’océan Indien, la mer d’Andaman égrène une multitude d’îles et d’îlots de Phuket à l’île malaisienne de Langkawi. Chacune possède sa propre identité. Certaines abritent une population locale, majoritairement de con-fession musulmane, et de souche malaise, plutôt que thaïlandaise.

Par Christian Sorand

Les trois îles évoquées ici témoignent de la beauté et des charmes d’une contrée à laquelle il est difficile de rester insensible. Cette douceur de vivre est issue de l’insularité mais provient aussi d’un mode vie propre à la Thaïlande.

Le voyage n’est pas toujours facile, en fonction de la saison, du lieu choisi, ou des moyens de transport utilisés pour y accéder. Le coût peut également être un obstacle, selon les lieux de départ ou le nombre d’îles visitées.

Les trois îles dont il est question dans ce texte, forment un groupe assez proche de la côte occidentale du sud thaïlandais et sont fréquemment reliées entre elles. Elles s’égrènent à la pointe méridionale de l’archipel de Koh Lanta (1).

Koh Ngai

 

Densément boisée, Koh Ngai n’existe que par son infrastructure touristique. L’île épouse la forme d’un fer de lance. La majorité des lieux de villégiature s’étale sur une magnifique plage de sable blanc, le long de la partie orientale. L’eau turquoise n’a rien à envier aux autres îles des mers du sud. Depuis cette plage, le panorama sur la côte est ponctué par une belle flopée de rochers karstiques parsemant le paysage marin.

Il existe également au sud de l’île une plage, dont le nom est en lui seul évocateur: Paradise Beach. Il n’y a là qu’un seul hôtel. Cela laisse le loisir d’avoir toute une plage sablonneuse pour soi. Le seul désavantage est que la baie est très peu profonde et qu’elle est donc plus affectée par les marées. Ce phénomène est inexistant sur la plage principale de l’île.

La forêt tropicale couvrant toute la superficie de l’île forme une superbe barrière végétale, apportant une couleur locale aux amoureux de la nature. On y entend d’étranges et merveilleux chants d’oiseaux. Parfois même, il s’agit d’un ballet assourdissant provoqué, à certaines heures, par les calaos.

Koh Ngai est donc un lieu parfait pour ceux qui recherchent le repos le plus total, dans un environnement tropical, offrant malgré tout un confort certain et une variété de mets qui font la réputation du pays.

Koh Kradan

Située plus au sud, Koh Kradan n’a pas non plus de village. Toute en longueur, elle étale sur la côte Est, une plage de sable corallien protégée par une barrière épaisse d’arbres derrière lesquels se cache toute une série de villégiatures adaptées à toutes les bourses.
L’eau y est d’une clarté exceptionnelle. C’est donc un lieu idéal pour la baignade, d’autant plus que la fluctuation de la marée n’affecte pas ce plaisir.

Mais la cerise sur le gâteau est qu’il y a un récif corallien parallèle à la plage. De telle sorte, que même équipé d’un simple masque et d’un tuba, on découvre une féérie aquatique, de coraux de toutes les couleurs, habités par un ballet incroyable de poissons tropicaux. Cet aquarium naturel est heureusement protégé, puisqu’il fait partie d’un parc marin (Hat Chao National Park), dont le quartier général se trouve sur la pointe sud de l’île. Étant même, tout au bord de la plage, en restant immobile, on est vite entouré par une multitude de petits poissons aux couleurs chatoyantes, peu craintifs !

L’ombre naturelle de la plage fournit une retraite agréable au farniente, pendant les heures chaudes de la journée.

La position de la plage se prête aux levers de soleil, souvent spectaculaires, avec pour toile de fond quelques îles voisines et la chaîne montagneuse barrant au lointain la côte de la péninsule malaise.

Il existe également un chemin forestier traversant l’île pour se rendre à une crique située sur la côte occidentale. C’est un bel endroit pour admirer les couchers de soleil (Sunshine Beach). Malheureusement, les intempéries semblent avoir déposé tous les déchets jetés par l’homme en mer. La pollution fait soudain irruption dans ce qui pourrait être un autre coin secret de l’île.
Ce phénomène de la pollution des mers est devenu un vrai cauchemar. On trouve du plastique sur la plage où se sont installés les hôtels. En général, les hôteliers s’appliquent à nettoyer leur coin de sable, mais pas tous. La mer reste jonchée de bouteilles en plastique vides, de canettes d’aluminium. La presse et les réseaux sociaux font mention d’animaux trouvés morts pour avoir ingurgité ces déchets abandonnés par la négligence humaine. Quelle tristesse !

De retour sur la grève orientale de l’île de Koh Kradan, un bras de mer sépare ce lieu encore idyllique de l’île voisine de Koh Muk.

Koh Muk

Un massif montagneux imposant caractérise Koh Muk (muk, signifie une “perle” en thaï). Cette île est beaucoup plus grande que les précédentes et est habitée par une communauté musulmane. Elle est également plus proche de la côte thaïlandaise de la province de Trang.

La côte occidentale présente une longue falaise rocheuse assez spectaculaire. Il existe d’ailleurs une grotte (Tham Morakot, la grotte d’émeraude) pouvant se visiter en bateau.

La moitié orientale de l’île, envahie par une épaisse forêt tropicale, est celle des plages et d’un village vivant de la pêche et du tourisme. Sur la façade nord, une vaste baie abrite une flottille de bateaux de pêche et une jetée particulièrement longue, lieu de promenade locale, servant également de piscine aux jeunes enfants du village. En fait cette partie orientale de l’île se termine par un promontoire de sable, sur lequel se trouve un hôtel de luxe.

Le village vit à l’heure du tourisme en offrant des bars, des cafés, des restaurants et quelques boutiques. Le tout est empreint d’une couleur locale attrayante et sans excès. De plus, l’éventail de l’hôtellerie est adapté à toutes les bourses, rendant l’île abordable et fort agréable.

La circulation automobile est inexistante sur l’île. On se déplace principalement à deux roues. Bien entendu, ce type d’environnement se prête aussi à la marche nonchalante.

Il existe une autre baie sur la face méridionale de Koh Muk. Ce lieu a été surnommé Farang Beach (la plage de Étrangers), car comme son nom l’indique, cette plage est devenue une destination favorite des routards. Mais c’est un lieu mort pendant la saison des moussons (de juillet à octobre). En outre, la pollution rend cette plage très sale. Il semble malheureusement que personne ne veuille résoudre ce problème. Toutefois, le chemin qui part du village pour venir ici permet de découvrir la luxuriance de la végétation. Tout en haut de la colline par laquelle on passe pour aller à Farang Beach, il y a un délicieux petit café-restaurant, très Thai de style, mais arrangé avec goût, offrant des jus de fruits naturels et une cuisine remarquable, à petit prix !

Ces trois îles ont donc bien chacune leur originalité et s’accommodent aux goûts de tous. Elles se situent dans une même zone géographique. Il est donc aisé de s’y rendre, d’autant plus que les services réguliers des ferrys inter-îles y passent journellement en saison (de novembre à mai) et qu’il est toujours facile d’affréter un “longboat” pour y aller plus librement. Pour fuir la vie trépidante du monde moderne, et trouver de jolis petits coins de paradis, restés encore à l’écart, les îles de la mer d’Andaman restent un lieu privilégié où l’horloge du temps fonctionne à un autre rythme.

Liens:
• Koh Ngai (Lonely Planet):
https://www.lonelyplanet.com/thailand/andaman-coast/ko-ngai
• Koh Kradan (Thailandee):
https://www.thailandee.com/en/cities/koh-kradan
• Koh Muk: https://www.travelfish.org/location/thailand/southern_thailand/trang/ko_muk
• Koh Muk (Wikitravel): https://wikitravel.org/en/Ko_Muk
• Hat Chao National Park: http://www.trang-travel.com/hatchaomai.htm