Comment dit-on « poésie », « magie », « musique » en « Blblblb » ?

Qui est ce petit personnage tombé de nulle part, qui bombarde son public de bizarres blablas en « blblbl » ? Son langage est aussi proche du babillage de l’enfant que du scat de jazz mais il parvient peu à peu se faire comprendre grâce à la découverte d’instruments de musique dans un tour du monde aussi riche qu’émouvant. En juin dernier un public d’enfants et d’adultes de toutes nationalités a eu l’immense plaisir de le rencontrer et de se laisser embarqué par ce » petit Prince », mi clown, mi lutin pour un voyage ponctué de cascades de rires et de poésie. Un spectacle magique proposé par l’Alliance française de Wuhan dans la salle de la WEDZ à Hanyang, dans le cadre du festival « Croisements ». Rencontre avec Marlène Bouniort, artiste pluridisciplinaire.
 
Propos recueillis par Marie-Christine Huguenin

Trait d’Union : Marlène, pouvez-vous nous dire quelques mots sur vous-même et sur la Compagnie D.N.B ?
Marlène Bouniort : Décidée à devenir comédienne de théâtre dès l’âge de 5 ans, j’ai pris très tôt des cours de théâtre, de danse et de musique et ai axé toute ma scolarité sur ce but. Mon bac-théâtre en poche, j’ai été formée dans la troupe-école Pierre Debauche qui propose des cours d’interprétation théâtrale, danse, chant et forme au métier en jouant une création tout publics, une création jeune public et un cabaret à raison de 5 représentations semi-professionnelles par semaine et ce, pendant 3 ans.
La Compagnie D.N.B. (Dhéâdre Nasional de Baris) est née de ma 1ère création solo, ce même BLBLBLB, et voit le jour en 2011. Son activité est fortement facilitée par l’association culturelle  l’Ecluse  qui, grâce à sa mutualisation de plusieurs Compagnies toulousaines, est un véritable tremplin pour les artistes associés.

Comment est né le spectacle Blblblb ?
Blblblb a une histoire particulière. Fin 2010, un ami, Frédéric Waller, m’a appelée car il recherchait un spectacle jeune public à présenter pour Noël. Engagée dans de nombreux projets avec des Compagnies des 4 coins de la France, je n’avais aucun spectacle « à moi » à lui proposer. J’ai relevé le défi et ai créé le spectacle en 15 jours en faisant appel, dans l’urgence, à mon bagage pluridisciplinaire de comédienne-chanteuse-danseuse-compositeur et une collection d’instruments de musique « pêchés » ici et là au gré de mes voyages, de mes « work-shops », de mes formations. J’ai sélectionné ceux qui avaient les sons les plus « scéniques » et ai imaginé  un périple qui dévoilerait le pays d’origine de chacun d’eux.

Parlez-nous un peu de ces instruments véritables partenaires de jeu, au cœur du spectacle ?
Ils sont nombreux et vous entendez dans l’ordre, le kazoo, le carillon, la flûte irlandaise, le shrutti box, les kass-kass, le mélodica, le piano et l’harmonica . Pour certains d’entre eux, il est parfois difficile de définir leur origine exacte. Le « kazoo » ou « gagou » ou encore « trompette du pauvre » vient à la fois du japon, de Chine et d’Afrique.

Comment qualifieriez-vous le petit personnage que vous jouez ? Qui est-il ? D’où vient-il ?
J’ai délibérément choisi une espèce de lutin ou farfadet androgyne afin que petits et grands puissent s’identifier à lui sans barrières sexuelle ou sociétale. J’ai également choisi de le faire parler un langage inconnu de tous afin que, paradoxalement, chacun puisse le comprendre ! Il n’a ni âge (il est accompagné d’une peluche mais a parfois un humour d’adulte) ni nom ni origine bien définis. Il est juste hors de tout ce qu’on connaît mais peut être aussi tout à la fois. Ceci peut paraître complexe mais c’est pour moi l’essence même du Clown au sens noble du terme. Le Clown peut se rendre polymorphe et peut tout se permettre.

La présence de la mappemonde vidéo-projetée aurait pu rompre la poésie et le charme du spectacle. Or ce n’est pas le cas. Comment avez-vous procédé ?
La 1ère version de Blblblb ne comportait pas de vidéo mais une simple carte peinte sur un panneau de bois avec des légendes correspondant aux pays et aux étiquettes trouvées sur chaque instrument. L’apparition de la vidéo ne devait en aucun cas dénaturer le spectacle qui avait déjà sa propre poésie .Nous avons donc mis en place des séquences qui serviraient l’histoire et l’interactivité avec le public et qui pourraient même sublimer la magie existante.

Votre prestation sur scène est particulièrement physique et doit requérir une concentration maximale et pourtant vous semblez attentive à la moindre réaction du public que vous transformez en occasions de jeu. N’est-ce qu’une impression ?
Ce n’est pas une impression et c’est tout à fait juste. Ce spectacle nécessite 2 heures de préparation avec un échauffement corporel et vocal intense, sans parler de l’entraînement quotidien hors représentation ainsi qu’un travail méditatif pour être parfaitement centrée et à l’écoute. Cette discipline me permet d’acquérir une grande disponibilité qui me permet de rebondir sur chaque petit événement sur scène ou dans le public.

Jouer en Chine a-t-il présenté des particularités ?
Oui, je n’étais pas préparée au fait de devoir «  m’agripper » à l’attention d’un tout petit groupe de spectateurs attentifs alors que le reste de la salle était bruyant et en perpétuel mouvement. J’ai été très surprise également de constater que certains enfants puissent monter sur scène sans être réprimandés par leurs parents.
Mais j’ai pu obtenir des responsables de salles qu’ils fassent des mises au point avant le spectacle et tout s’est bien passé par la suite.

Avez-vous un souvenir particulier de l’une de vos représentations en Chine ?
Lors de la dernière représentation de la tournée à Hongkong, le public m’a envoyé une salve d’applaudissements à mettre dans mon sac à dos et c’était extraordinaire car cela ne s’arrêtait jamais ! Je me suis demandé si je fermerais un jour ce sac et si je terminerais le spectacle ! C’était complètement fou et jubilatoire, pour moi, bien sûr mais aussi pour le public qui prenait un malin plaisir à me prendre joyeusement en otage !

C’est exactement la complicité que je recherche avec le public. La qualité de connexion et de vibrations entre les êtres, voilà ce qui m’intéresse. L’art, sous quelque forme que ce soit (arts plastiques, performances, photographies, cinéma, spectacle vivant) est mon outil de prédilection pour jeter un pont entre les âmes : c’est pour cette raison que je consacre ma vie entière au spectacle, comme d’autres entrent en religion.

Contacts : Cie.dnb@gmail.com
www.association-ecluse.blogspot.fr

Blblblb : Ce sont les mamans qui en parlent le mieux !

« Actrice pétillante et généreuse ! Merci pour ce spectacle tendre et amusant » Maëlle

« J’ai été impressionnée par l’énergie de l’artiste. On voit rarement des comédiens aussi complets : musique, chant, jeu théâtral, interactivité avec le public… et tout cela avec beaucoup de poésie. Bravo ! » Linda

« Très beau spectacle, interactif, amusant et entraînant ! » Karin

« Un spectacle magique qui nous fait voyager dans le monde entier avec une légèreté féérique et retrouver le rire de notre enfance ! » Saliha