« Art across boundaries » : les couleurs de l’espoir
L’édition 2026 de l’exposition caritative organisée au profit de l’association « Enfants du Mékong » a tenu ses promesses. Plus de 200.000 euros récoltés cette année à Hong Kong pour aider des enfants aux Philippines. La vente continue en ligne jusqu’à mi-juin. Nous avons rencontré Christel Villepelet, l’une des organisatrices de l’événement.
Propos recueillis par Catya Martin et Anne-Claire Poignard

Quelle est la vocation de l’association Les Enfants du Mékong ?
Christelle Villepelet : L’association œuvre depuis 1958 pour l’éducation au Vietnam, au Cambodge, aux Philippines, en Thaïlande, au Laos, en Birmanie et au Timor-Oriental. Grâce au parrainage scolaire, l’organisation accompagne plus de 24 000 enfants défavorisés sur les chemins de l’école. C’est le pari d’offrir un avenir meilleur par l’instruction.
Les fonds récoltés à l’occasion de cette édition permettront de financer deux projets ?
Oui. 7 garderies pour les enfants de 1 à 6 ans à Cebu aux Philippines et un centre d’étudiants pensé comme une résidence éducative pour une centaine de jeunes issus de milieux très défavorisés. Hébergement, repas, tutorat, accompagnement académique et professionnel : tout est mis en œuvre pour prévenir le décrochage et favoriser l’autonomie.
Vous avez vécu à Hong Kong pendant 7 ans. Vous avez quitté la ville en 2019, vous y revenez cette année. Quelle est la genèse de votre engagement pour l’association ?

C’est une rencontre avec une équipe et aussi des voyages en Asie qui’ m’ont marquée. J ‘ai vu des choses difficiles aux Philippines et au Cambodge. J’ai vu des enfants mal nourris, des enfants dans les rues sans parents, ni famille. En 2017, on m’a demandé d’organiser des expositions pour lever des fonds. Je suis passionnée d’art. Tout a commencé comme cela.
En quoi est-ce différent d’organiser une exposition à vocation caritative ?
Nous proposons aux artistes d’offrir une œuvre. Cette année, 33 ont répondu à notre appel. Souvent ils en offrent deux ou trois ou quatre ou l’ensemble de leur série. Le panel est très large. On sélectionne plusieurs styles, plusieurs genres : sculptures, peintures, céramiques, photographies. Il y a tous les prix. Les œuvres les plus abordables sont vendues à partir de 120 euros, les plus chères jusqu’à 30.000 euros. Il n’y a pas de petit don.
Parmi les artistes mobilisés, le photographe français Réhahn ?
Son travail incarne l’esprit de cette édition. Réhahn est installé à Hoi An au Vietnam. Il explore les reflets naturels et les jeux de lumières pour transformer la photographie en quelque chose qui ressemble à de la peinture. Ses clichés sont un pont entre les populations vietnamiennes et le public international de Hong Kong.

L’art peut servir de levier à la solidarité internationale ?
Dans le cadre de cette vente, 100 % des bénéfices sont reversés à l’association. Au-delà du bonheur d’acquérir une œuvre, le geste de chaque donateur va transformer des vies. Les artistes savent que l’argent récolté sera utile car investi dans l’éducation des enfants. Un enfant qui reçoit l’éducation, il a toutes les chances d’atteindre le champ des possibles. Je suis allée sur le terrain en 2017. Et c’est vrai qu’on voit le résultat. C’est extraordinaire.
Informations pratiques
La vente continue en ligne ICI
